Une saison sur Boréa

 

Par Carine.

Chapitre XI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  Je dois faire un tout petit effort pour revenir à la langue boréale, Boris, qui connaît déjà les lieux, me guide jusqu'à un autre salon, où le duc et la duchesse nous attendent. Dans l'ordre de préséance, ils le saluent et je les salue. L'entrevue tourne court pour Boris qui prend immédiatement congé. Mes hôtes semblent ravis de me revoir.

  _ Bettine, vous êtes devenue une ravissante jeune débutante !

  Me lance le professeur Calmette, avec un sourire réjoui.

  _ Une très jolie jeune fille qui fera tourner plus d'une tête lors du bal de l'équinoxe, c'est certain. Complète son épouse qui me prend la main avec chaleur.

  En attendant le bal, je ne suis qu’une débutante sans titre, et en attendant mon mariage, je suis encore leur fille adoptive, pour ainsi dire.

  _ Alors, comment as-tu trouvé l'institut ? Je connais très bien sa directrice.

  _ J’ai adoré l’institut, je me sens beaucoup plus instruite maintenant et beaucoup mieux, j'en avais vraiment besoin... madame la duchesse.

  Je rougis, ne sachant pas si je dois donner du duc et de la duchesse.

  _ Bettine, dit-elle dans un grand sourire indulgent, tu es notre enfant, pas de titre entre nous, Appelles moi Carine ou mère si tu veux.

  

  La maternité est tellement rare dans ce monde que tout ce qui tourne autour des rapports filiaux a une aura particulière.

  _ Sur ma planète, on dit plutôt maman.

  

  Son visage prend une expression ravie, alors que le professeur semble plutôt sidéré. La duchesse me prend la main.

  _ Tu acceptes de nous appeler papa et maman ?

  C'est à mon tour de rire, mais un rire gentil.

  _ C'est avec vous que je me sens le plus en sécurité, vous êtes de vrais parents pour moi. C'est avec plaisir que je vous appellerais papa et maman.

  

  Moi qui étais morte de trouille, je découvre qu'avec ces deux mots magiques, je mets à mes pieds un des couples les plus puissants de cet étrange pays.

  _ Je ne peux pas rester plus longtemps, le conseil m'attend moi aussi. D'après ce que je comprends des travaux du prince Boris, vous serez encore parmi nous pendant trois ou quatre mois, ce qui nous emmène bien au-delà de la fête de l'équinoxe. Nous vous avons fait préparer une chambre.

  

  Je salue donc mon père puis Carine m'entraîne à sa suite dans les immenses pièces de l'immeuble.

  _ Le dernier étage est consacré aux salles de réception et aux salles de travail du professeur.

  _ Maman, pourquoi mon père est-il Duc et professeur ?

  Je savoure l'effet que provoquent ces deux mots chez mon hôtesse.

  _ Il n'était que baron et professeur, quand je l'ai épousé, il travaillait à l'institut des sciences et il a réussi un exploit remarquable : Il a fait redémarrer la production d'énergie en plein hiver, alors que personne ne semblait capable de comprendre l'antique système de fusion atomique. L'empereur l'a nommé Comte pour cela. Il est devenu Duc suite à une attaque des barbares; Depuis, il n'est plus que professeur honoraire mais il aime se rappeler cette époque. Ton... père continue ses travaux pour son plaisir.

  _ J'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de soldats, ces femmes barbaresques sont-elles tellement redoutables ?

  _ Leur civilisation est beaucoup plus agressive que la nôtre, peut être à cause du rôle des femmes là-bas : Alors que notre Empire repose sur des critères objectifs de différence intellectuelle, chez les barbares, il n'y a que deux castes : les femmes et leurs esclaves. Sous leurs ordres, les hommes sont des guerriers fanatiques qui nous attaquent avec leurs nefs volantes. Nos hautes tours servent aussi de défense à la ville, c'est pourquoi il y a autant de soldats dans nos murs; Cela fait partie des obligations d'un duc.

  

  Je retiens mon sourire concernant les critères objectifs qui ont cours ici : La couleur des cheveux.

  

 

A suivre...

 

 

Une saison sur Boréa Ch. X  Une saison sur Boréa Ch. XII

Retour aux textes   Retour page d'accueil