Une saison sur Boréa

 

Par Carine.

Chapitre XIII

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Ce soir nous allons à l'opéra. Enfin ce qui en tient lieu. C'est de l'autre côté du fleuve, dans le quartier impérial et mes hôtes sont terriblement excités. Pour moi la soirée commence sous la barre de laçage, où je suis attachée par les poignets et hissée sur la pointe des pieds pour que le corset soit ajusté au plus serré sur ma chemise festonnée. Il est vrai que la position rend la cage thoracique plus à même de se plier aux contraintes du corset. Le seul problème, c'est que la soirée est importante et que mon tour de taille doit faire honneur à mes parents, même temporaires ; donc je dois rester une bonne heure attachée sans même pouvoir me plaindre, le temps que les indestructibles lacets cambrent et réduisent ma taille aux quarante-six centimètres admissibles et ce lors de plusieurs tractions capables de briser un éléphant. Les caméristes me laissent reprendre mon souffle puis repartent à la charge.

  

  Mes bas sont bien tirés, avec les huit jarretelles, ils ne risquent pas de tirebouchonner. Je dois encore mettre le cache-corset en dentelle ; la sorte de short court et ouvert qui tient lieu de culotte ouverte, les jupons, la structure en métal ultra léger pour soutenir la crinoline, l'indispensable parfum, les escarpins aux talons recouvert de feuille d'or, de quatorze centimètres. Sophia, comme convenu, à bien positionner les chaînettes de mes chevilles au-dessus de mes bas, mais je me demande bien qui pourra voir ce détail.

  

  La robe est déposée sur moi par le haut. Je dois reconnaître que c'est une robe magnifique, pleine de rubans et de noeuds, dont la blancheur égayée de rose, me met parfaitement en valeur. J'attends toujours patiemment que l'on me maquille pendant que l'on talque mes mains pour arriver à faire glisser les gants en satin fin, jusqu'en haut de mes bras.

  

  Un verre d'eau avec une pilule verte est le bienvenu. Je rutile de bijoux, j'ai l'impression que ma poitrine à doubler de volume, les drogues contenues dans la pilule dissipent les dernières douleurs ; j'ai perdu la notion du temps, je me regarde dans l'immense miroir, incrédule, comme toujours, devant ma transformation physique.

  

  _ Magnifique n'est ce pas ?

  C'est la Duchesse, qui est encore plus magnifique que moi, avec ce que je ne sais quoi de majesté en plus, la taille impeccablement fine, les talons d'une hauteur impossible, nimbée de l'éclat de ses bijoux.

  _ Je me sens... transformée, maman.

  _ Mais tu l'es, ma fille. Le professeur nous attend dans la nef, me dit-il dans un grand sourire plein de fierté pour moi.

  

  Sophia entoure le haut de mon visage d'un bandeau de résille blanche qui est à la mode cette année. Cela m'aveugle un peu, comme une voilette, elle enfonce les dernières épingles rehaussées de diamants dans mes cheveux pour la tenir ainsi que la petite coiffe. Elle me presse la main, gentiment.

  _ Bonne soirée, Mademoiselle.

  

  Nous empruntons un ascenseur pour arriver au sommet de l'immeuble, il gèle depuis longtemps, je ne peux pas courir jusqu'à la chaleur de la nef mais le coeur y est.

  Les gardes du corps prennent place aux côtés du duc, leurs fusils brillent d'un éclat particulièrement inquiétant dans la nuit. Le professeur est superbe dans son uniforme. Il fait un sourire amoureux à son épouse puis dévore des yeux les perles qui ornent la peau de ma gorge.

  _ Quelle curieuse contrée que la terre.

  _ Pourquoi mon ami ?

  _ Cette planète est capable d'engendrer des jeunes filles aussi parfaites que notre Bettine et des créatures aussi étonnantes que le prince Boris. Quand je suis au conseil, je n'ai qu'une hâte : qu'il termine sa machine quantique, mais quand je suis ici avec vous, je voudrais qu'il n'y parvienne jamais.

  _ Moi aussi, père. Mais je suppose que les Atlans ne permettront jamais que je reste.

  _ Les Atlans et les lois de la physique, je le crains mon enfant. Il y aura d'ailleurs un Atlan ce soir, ils aiment à entendre nos artistes.

  

  Mon coeur ne fait qu'un tour. Je vais enfin voir les maîtres suprêmes de la planète !

  En attendant la nef s'envole accompagnée de notre escorte et mon coeur fait un autre tour dans la poitrine. Avec en plus la pression implacable du corset, je me demande si je ne vais pas tourner de l'oeil. Pourtant le pilote manoeuvre en douceur, je me cache derrière mon éventail pour reprendre mes esprits, alors que les lumières fascinantes des hautes tours du quartier de la noblesse s'effacent et que la masse imposante du palais impérial grandit devant nous.

  

  Des ordres brefs, des signaux lumineux au sol, avec un léger choc, la nef capitonnée se pose sur l'aire prévue à cet effet, devant l'opéra. La passerelle en escalier se déploie, le duc prend le bras de son épouse, j'ai un trac affreux. Monter des escaliers, ce n'est rien, même avec des talons. Par contre les descendre avec un corset, des talons et tout le poids de la pompe ducale, voilà la première épreuve de la soirée.

  Heureusement qu'il n'y a personne pour nous attendre, j'arrive en bas dans ma grande crinoline en retenant mon souffle, réservant ma classe et ma distinction pour les marches de l'opéra.

  

  Car la noblesse entre en premier, cela me rappelle les reportages sur le festival de Cannes, C'est la nuit, un tapis rouge nous emmène dans la bâtisse impériale. Une foule de gamma et de delta nous entoure, ils auront le droit de suivre le spectacle sur des écrans géants, dans les jardins de l'opéra. Peut être que le goût pour l'art lyrique fait partie du bourrage de crâne officiel ?

  En tout cas, ils sont là et ils nous acclament alors que je monte lentement les marches, tellement consciente des regards braqués sur nous. Le Duc s'arrête, il fait un petit signe de main et son épouse semble sourire à tout le monde. Une ovation le salue pendant que l'huissier nous annonce. Visiblement je n'ai pas appris à l'école la grande popularité de ma famille d'adoption.

  

  Le hall est immense, et heureusement vu la taille de nos crinolines. Le brouhaha me semble indescriptible et je regarde de tous mes yeux. Il y a ici les trois autres ducs en titre, qui semblent beaucoup plus jeunes que le professeur, mais aussi leurs épouses, qui même si elles sont très belles, n'arrivent pas à la cheville de ma "mère". Je me sens tout d'un coup très fière d'être sa fille, même en rêve. Des Princes et des Princesses sont également présents. Ils ont la peau blanche des vampires, des cheveux roux comme le cuivre, il faut aller leur rendre hommage et en même temps saluer ceux que nous croisons. Je respire, j'ai repéré Dorine que j'ai connu à l'institut. Elle me fait un clin d'oeil malicieux. Elle sera peut être Duchesse un jour, en attendant, elle est également la fille adoptive du duc d'Orion. Un homme qui semble beaucoup plus redoutable que " mon " professeur Calmette, et d'après elle, ce n'est pas qu'une impression.

  

  J'effectue à la perfection mes révérences devant les princes et les princesses, enfin j'espère. Carine n'est pas du genre à me faire des remarques, par contre mon professeur d'étiquette oui. Si j'ai mal fait, je le saurais demain. En attendant, je retrouve enfin mon amie Dorine.

  

  Les naissances autorisées dans la haute noblesse sont rarissimes, les princes, les princesses, les ducs, les duchesses, les comtes et les comtesses, les maquis et les marquises, les barons et les baronnes, tous viennent des mondes barbares ou presque. Et tous servent fidèlement l'empereur par la grâce des machines à apprendre. Dorine n'échappe pas à la règle. Cette beauté blonde à l'opulente poitrine, vient, comme les autres, de la partie barbaresque du territoire des humains. En attendant, elle me prend par la main pour me montrer les plus beaux partis présent ce soir.

  

  Nous devons déjà rejoindre les loges, le spectacle va commencer. Etre debout et corsetée est une torture à cause des talons, Etre assise et corsetée est une torture à cause du corset. Le plus étonnant ce sont les fauteuils étudiés pour accueillir nos crinolines, pas question de dossier hélas, la rigidité du corset doit y pourvoir.

  

  Le spectacle, ce sont les autres et comme tout le monde, je joue avec mes jumelles. Je cherche à repérer un possible comte qui d'après Dorine m'aurait remarquée et tiendrait absolument à me connaître puis, je me souviens de l'Atlan.

  _ Père. L'Atlan est-il présent ?

  _ C'est l'individu dans la loge impériale. Ne le regarde surtout pas avec tes jumelles.

  L'empereur n'étant pas là, la loge est vide sauf... un moine ? En tout cas l'individu en question est dissimulé par une capuche noire comme un moine capucin mais entièrement en noir. Il me semble de corpulence humaine.

  _ A quoi ressemble t-il ? Je ne distingue rien dans l'obscurité.

  _ Ils ne sont pas faciles à décrire. Ils sont comme nous pour l'essentiel mais avec une froideur inquiétante... comme si toute vie les avait quittés depuis longtemps.

  

  Trois accords et la musique commence. Il y en a pour trois actes et autant d'heures. C'est un mélange hybride entre l'opéra et le théâtre, certains passages sont joués, d'autres sont chantés et enfin des ballets ponctuent les émotions des ténors et des cantatrices. Les ballerines semblent venir de l'antiquité avec leurs courtes tuniques, Ici comme ailleurs, seule la lubricité du public masculin semble justifier l'existence du ballet, la musique est belle mais totalement différente du reste de l'opéra. Je ne connais pas assez la musique classique de ma planète pour faire des analogies, en tout cas, même si aucun instrument ne ressemble à un violon ou à un piano, cela se laisse écouter sans trop d'effort. Quand ça chante c'est différent et le temps me dure que cela ne cesse enfin ! Evidement se sont ces passages ci que le public préfère.

  

  Heureusement il y a des entractes et c'est là que l'opéra est agréable. Personne ne me chaperonne, même si je ne suis sensée que me dégourdir les jambes en faisant quelques pas dans les couloirs, il n'est pas difficile de profiter de quelques instants de tranquillité pour retrouver une amie ou pour faire connaissance. Dorine m'a donné rendez-vous sous une arche un peu à l'écart.

  

  Je me pince la lèvre pour ne pas rire. Dorine n'est pas là, à la place il y mon prétendu prétendant. Si lui me trouve à son goût, ce n’est pas réciproque. Il n'est pas assez grand et ses traits sont trop mous.

  _ Duchesse j'espère cet instant depuis des mois.

  Son baise-main est impeccable mais il n'y a que deux semaines que je suis revenue dans la capitale.

  _ Je ne suis pas encore Duchesse et vous ne me connaissez que depuis une semaine.

  Il éclate de rire, comprenant qu'il a perdu la partie avant même le début du jeu.

  _ Depuis des années en fait mais en rêve.

  _ Où est Dorine ?

  _ Avec un autre ou avec une autre, je ne sais pas. Restons bon ami, je vous en prie.

  _ Que faites-vous dans la vie ?

  C'est une question terrienne qui n'a rien à faire là.

  _ Je suis cadet à l'Académie des Cadets. Je devrais être professeur ou administrateur... Ainsi ce que l'on murmure est vrai, vous venez réellement d'un autre monde ?

  Je me retiens de rougir, je m'étonne moi-même de ma maîtrise.

  _ Je ne sais pas bien d'où je viens, tout comme vous, Cadet.

  _ Vous vous trompez, Bettine, je suis un premier né, mes parents sont d'authentiques comtes.

  Je dois reconnaître qu'il n'est pas désagréable, mais il n'est pas celui dont je tomberais amoureuse.

  _ Et ce comte à un nom ?

  _ Un prénom : Piotr; Pour vous servir.

  Il me fait une très belle révérence.

  _ Vous serez à la fête de l'équinoxe ?

  _ Aurais-je suscité votre intérêt ?

  Je souris, mystérieuse, forcement.

  _ Je crois que le deuxième acte va commencer.

  _ Alors montrer moi vos pieds.

  _ Mes pieds ?

  _ Vos délicieux petits escarpins, oui.

  Je soulève le bas de ma crinoline. Docilement.

  _ Les chaînettes au-dessus du bas. J'ai une vue perçante, et il me semble bien voir là deux demoiselles enlacées, petite coquine.

  Cette fois je rougis.

  _ Il ne faut pas vous troubler pour si peu, vous n'avez aucune idée des pratiques des Cadets entre eux et...

  Soudain, il blêmit.

  _ Et ?

  _ Ne vous retourner pas, il arrive.

  _ Qui ?

  _ L'Atlan ! Crie t-il silencieusement.

  Moi je suis curieuse, je me tourne légèrement.

  

  L'Atlan est là, à la limite de ma crinoline, ses yeux plongés dans les miens.

  _ L'opéra reprend, Cadet.

  C'est un ordre, mon jeune amoureux claque des talons, s'incline et s'éloigne en proie à la panique.

  _ Vous ne tremblez pas de peur, Jeune terrienne ?

  _ Si, enfin je crois.

  _ Vos pieds sont charmants mais je ne désire pas les voir.

  Je laisse retomber la crinoline sur mes escarpins.

  Maintenant j'ai vraiment peur.

  Ses yeux sont rouges comme ceux d'un démon, sa peau est écaillée, dans un mélange de bleu et de reflet doré.

  _ Non je ne suis pas un reptile, ma langue n'est pas fourchue. Je suis un Atlan et ceci est notre oeuvre. Vous allez être en retard, allez rejoindre vos parents.

  

  Aucune règle d'étiquette ne précise l'attitude que l'on doit avoir en face d'un Atlan. Je me contente d'une courbette, moi aussi je dois sembler avoir le diable à mes trousses alors que je rejoins précipitamment ma loge. Je me noie avec soulagement dans les crinolines, les tenues d'apparats et les uniformes des cadets, cherchant mon souffle et luttant contre les larmes.

  

  Je m'évente fébrilement, je croise le regard de Dorine, deux loges plus loin, qui me fais un petit signe de main, s'imaginant sûrement que ce Piotr est à l'origine de mon état. Comment les Atlans peuvent-ils ressembler à des démons et avoir une voix douce ?

  Je tente de me calmer, de me souvenir de tous les détails que voudra connaître Boris. Une peau écaillée, la taille d'un homme mais pas plus, les hommes sont grands sur Boréa... Peut être même que l'Atlan était plus frêle... mais dégageant une impression de puissance incroyable.

  « Ceci est notre oeuvre »

  _ Il m'a parlée en français !?

  _ Pardon ?

  Moi aussi j'ai parlé en français et le Duc ne me comprend pas.

  _ C'est cette peste de Dorine, Père.

  Il sourit.

  _ Je suppose qu'un cadet avait pris sa place sous les arcades.

  _ Comment le savez-vous ?

  _ Parce que moi aussi j'ai donné des rendez-vous secrets sous ces arcades.

  

  L'insolente manie que nous avons, nous les jeunes, de croire que nous avons tout inventé. J'imagine mal le professeur en uniforme de cadet donnant rendez-vous à la future Duchesse, au même endroit, dans les couloirs de l'opéra. Mon coeur se calme doucement, je n'ose même pas jeter un oeil vers la loge impériale, là où l'Atlan à la voix douce a dû reprendre sa place.

  

  L'acte suivant me permet de me calmer, même si je trouve très contrariant que l'Atlan sache que je viens d'une autre époque ou d'une autre planète. Même ce Piotr se doute de quelques choses... Au second entracte je voudrais bien rester tranquillement dans la loge mais un besoin pressant m'oblige à me lever. J'espère bien ne croiser ni Dorine ni Piotr.

  

  Les toilettes sont des endroits spacieux, où de silencieuses soubrettes brunes, tirées à quatre épingles nous aident à nous libérer de nos tracas, La culotte fendue permet la sauvegarde de notre intimité. Je trottine pour rentrer dans la loge le plus rapidement possible quand un appel m'arrête.

  _ Bettine !

  Je me retourne en croisant crinolines et uniformes.

  _ Jade !

  Nous tombons dans les bras l'une de l'autre.

  _ Tu es magnifique ! Lui dis-je.

  _ Toi aussi, je suis vraiment contente de retrouver, je ne connais personne ici.

  _ Depuis quand es-tu ici ?

  _ Nous sommes arrivés avant-hier avec mes " parents ". C'est la première fois que je sors habillée ainsi depuis l'institut.

  _ Tu étais avec eux dans leur domaine du Nord, non ?

  _ Oui, Dans les rocheuses, C'est très froid et très triste, je suis bien contente de venir ici, j'espère que mon mari aura un domaine plus méridional.

  

  Le but de la fête de l'équinoxe est de marier les jeunes nobles, qui doivent séduire leurs futures épouses dans la soirée... Peut être que c'est pour cela que les rendez-vous furtifs dans les couloirs de l'Opéra sont aussi importants : pour que les jeunes tourtereaux puissent se connaître un peu avant l'heure du choix. En tout cas, il y a autant de garçons que de filles, et tout le monde ressort en couple. De la même manière, il y a autant de futur couple que de poste à pourvoir dans la hiérarchie de l'empire. Personne ne naissant naturellement ici, les titres ne sont pas héréditaires mais fonction d'un classement complexe au sein de l'école des cadets. Si on veut être duc, il faut qu'un duché soit disponible et avoir les résultats scolaires qui vont avec. La Duchesse doit être charmante, c'est tout. Je ne pense pas être Duchesse mais Comtesse, j'aimerais bien. Je suppose que Jade, dont les parents adoptifs ne sont que Baron, partage le même rêve.

  

  _ Vu comme tu es mignonne, tu vas trouver un beau mari, j'en suis certaine.

  Elle rosit de plaisir dans sa robe un peu jaune, certes plus richement pourvue de bijoux et de rubans que la mienne, mais qui la met parfaitement en valeur.

  _ Je suis moins belle que toi, mais peut-être que j'aurais de la chance.

  _ Nous allons nous revoir alors, pour la grande répétition juste avant le Bal.

  _ Oui, cela va être bien.

  Elle me prend la main et approche son visage fardé du mien, je trouve ses yeux bleus toujours aussi beaux et doux malgré nos voilettes. Elle reprend :

  _ Tu m'aimes encore ?

  Sa question me prend par surprise, j'en ai les larmes aux yeux.

  _ Je t'aimerais toujours, Jade.

  _ Alors je suis heureuse. Elle me fait un sourire innocent.

  _ A bientôt alors.

  

  Elle disparaît dans les crinolines, comme elle était apparut, je reste pétrifiée.

  _ Ma fille, C'est l'heure.

  La Duchesse m'a retrouvée.

  _ Oui mère, je viens.

  

 

A suivre...

 

 

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