Histoire d'A (Titre provisoire)

 

Par Fred Pody.

II

Les retrouvailles étranges

 

J'étais entré dans le château, soit, mais j'étais dans l'aile sud, et Sophie habitait dans l'aile nord. J'étais dans un passage étroit, donnant sur un escalier tous aussi étroit.

Avant l'escalier il y avait deux portes. Une à gauche, une à droite. Celle de gauche donnait dans une pièce… mais une porte s'ouvrit au fond de la pièce. Je refermais la porte doucement. J'essayais d'entre ouvrir la porte de droite. C'était un salon luxueux, mais j'entendis une voie de femme. Je refermais aussitôt le plus discrètement possible. Il me restait à monter par l'escalier, qui donnait dans une pièce assez petite. Une porte et un autre escalier aussi étroit montait à l'étage supérieur. J'hésitais longuement avant de bouger. J'avais peur de me faire prendre aussi près du but, aussi près de Sophie.

J'ouvris la porte avec précaution, et entrais dans un couloir vide. J'avançais prudemment jusqu'à un coude du couloir, un autre couloir beaucoup plus long. Sur les portes il y avait des Numéros, je supposais que c'était des chambres. Je m'avançais doucement, craignant à chaque instant qu'une porte s'ouvre et que quelqu'un me surprenne. Un autre couloir à ma droite. Je me penchais. Il y avait un groupe de jeunes filles, en robe du soir, très élégantes, qui s'avançait vers une porte au fond. Elles me tournaient le dos, et je traversais sans faire de bruit, continuant vers le fond du grand couloir. Au fond du couloir, une porte marquée "Escalier de service" J'essayais d'ouvrir la porte, mais elle était fermée. Je continuais sur ma droite, des grandes portes marquées "Salle Sylphide" également fermées. Plus loin, une double porte marquée "Escalier Privé" toujours fermé. Je commençais à paniquer. Si je ne trouve pas de passage, je finirais par me faire prendre. Je dus encore me cacher, car en faisant le tour des couloirs, j'étais retombé sur le groupe de jeunes filles. Il me fallut attendre un peu, qu'elles soient toutes parties. Je m'avançais dans ce nouveau couloir. Au milieux, une autre double porte marqué "Salle Cérès" qui elle enfin, s'ouvrit. Elle était sombre, pas de fenêtre. Pas de sortie. Je commençais vraiment à désespérer. Comment sortir de cet étage. Il y avait là, un fatras de chose, une mécanique montée sur roue. Un tas d'objet caché par de grande bâche, Même un genre de chariot, avec des brancards bizarres. Contre une table, un grand cercle métallique avec des chaînes fixant un autre cercle beaucoup plus petit au centre. Sur une autre table, des pièces métalliques, des barres, de la visserie, une collection de cadenas et de chaînes de toute tailles et une série de clefs. Un espoir de sortir. Ces clefs devaient ouvrir une porte quelque part. Je ressortis prudemment. Il y avait un grand silence. Je revins sur mes pas et essayais les clefs sur la porte de l'escalier privé, sans résultat. Ensuite sur la porte de la salle Sylphide qui s'ouvrit, mais qui était vide. Très grande mais vide, pas d'escalier. Rien, pas de sortie de ce coté. J'essayais les clefs sur la porte de l'escalier de service et enfin, une porte qui s'ouvrait sur une sortie. Un escalier qui montait et son pendant qui descendait. Je descendis dans une salle équipée d'un grand miroir, qui faisait toute la surface d'un mur. Deux hautes fenêtres donnaient sur une pelouse, traversée par un chemin. Au fond, un haut mur de pierre. Je reconnaissais le chemin qui m'avait permis d'entrer dans le domaine. J'étais donc bien dans l'aile nord, au premier étage. Les appartements de Sophie ne devaient pas être loin. Mon cœur battait à tous rompre. Revoir Sophie après autant de temps, autant d'épreuves, ce chemin si long depuis Marseille.

Face à l'escalier, une double porte, que j'entrouvris, et refermais aussitôt. Il y avait un brouhaha de parole, d'un public féminin nombreux. De l'autre coté de la salle, une petite porte, qui s'ouvrit, et juste après une deuxième porte, avec un escalier très étroit entre les deux. J'ouvris la deuxième porte, et j'entrais dans une pièce sombre, une chambre, mais… un bruit, comme une plainte. Je fis demis tour, et… je m'arrêtais, pour mieux écouter. J'entrais de nouveau dans la chambre. J'espérais bien être dans la chambre de Sophie. Une double porte en face, ouverte. Je m'approchais lentement. Il y avait comme un petit hall, une porte devant une autre à ma droite, ouverte également. Des soupirs plus intenses, des soupirs comme une plainte. J'avançais, regardais dans une salle, un salon. Humm! Les plaintes étouffée se firent plus insistante. Je ne compris pas de suite ce que je voyais. Au milieu du salon, une machine sur roue, et debout, pris dans toute cette mécanique, une jeune fille. Ces bras s'agitaient, elle poussait des HUMMM étouffés. Je m'approchais, la fille avait devant son visage toute une mécanique, qui lui bloquait la tête. Une sorte de gros tampon de cuir était pressé contre sa bouche, la recouvrant complètement. Ces yeux, ces beaux cheveux blonds, tellement épais et soyeux. Oui c'est bien elle !

- Sophie ! Demandais-je.

- Sophie ? C'est bien toi ?

- Humm!

- Sophie ! Que fait-tu dans cette machine ?

- Humm!

Le tampon recouvrant sa bouche était pressé par une vis qui semblait actionnée par un petit volant. La mécanique me paraissait lourde, compliquée. Dans le volant, il y avait un cadenas fermé qui empêchait de desserrer le bâillon. Elle ne pouvait pas dire un mot. Je la voyais s'agiter, elle me faisait des signes. Comme si elle voulait écrire… Oui

- Oui Sophie, je cherche de quoi écrire. Il y avais un petit secrétaire dans un coin, avec un crayon sur la tablette, mais je ne pouvais pas ouvrir le tiroir, et pas de papier. Un rapide coup d'œil dans le salon. Le piano ! Il y avait une partition sur le piano. Je revins devant elle, et lui donnais une feuille de papier musique et le crayon. Sophie écrit rapidement sur la feuille, et me la donna.

Elle avait écrit :

"Sandrine m'a enfermée et cadenassé dans cette chose, elle a jeté la clef par la fenêtre"

La fenêtre en question était restée ouverte. Je m'en approchais et essayais de voir ou la clef était tombée.

- Je ne la voie pas, elle doit être dans l'herbe. J'ai repéré ou elle devrait être tombée. Ne craint, rien, je vais la retrouver et te libérer.

Et je reparti par le même chemin. Le trajet était assez long, mais heureusement, les couloirs étaient maintenant vides. Les passages les plus délicats était de rejoindre la tour en rampant sur le contrefort, ainsi que la descente vertigineuse dans la tour. L'escalier de pierre était vraiment étroit et il n'y avais rien pour se tenir, pas de rambarde, pas de corde, rien que le mur et le vide. Je repris la barque et suivit le courrant. Juste après le passage sous le grand pont, j'accostais, et montais sur la berge avec précaution. Il ne fallait pas se faire surprendre. J'avançais le long du mur, dans la cours ouverte de l'entrée principale. J'avais repéré la fenêtre ouverte du salon de Sophie, et je commençais mes recherches. La clef était bien au pied du mur. Il me fallais maintenant revenir sur mes pas, la barque, la tour, le passage vertigineux entre la tour et le château. Monter au deuxième étage, traverser les couloirs vides, et enfin redescendre au premier par l'escalier de service.

De retour dans le salon de Sophie je lui dis.

- Excuse-moi, j'ai dû faire un long détour, pour passer devant le château sans me faire voir, et il m'a fallut du temps pour retrouver la clef.

- Humm !

Je m'approchais de Sophie, enfermée dans cette mécanique. J'ouvris le cadenas, et desserra le bâillon qui glissait lentement, hors de sa bouche.

- Hoo!

Sophie resta un moment la bouche ouverte. Elle ne semblait pas être capable de parler durant quelque instant, comme si l'énorme bâillon, était encore enfoncé dans sa bouche

- Sophie, ça va ? Tu me reconnais ? André.

- André, mais comme tu as changé et comme tu es sale.

- Dit moi, André, que fait-tu ici ? Comment est-tu entré ?

- Je me suis enfui de la pension ou mes parents m'avaient placé. Et j'ai fait toute la route à pied, depuis Marseille.

- Marseille, je croyais que tu étais en pension à Mende ?

- Oui, mais j'ai fait plusieurs fugues à Mende, alors, mes parents m'ont placé dans une pension plus fermée et plus éloignée. Mais j'ai quand même réussi à m'enfuir de leur prison.

- Et tu as fais le trajet à pied ? C'est impossible.

- J'ai mis huit mois pour faire la route, j'aurais bien mis deux fois moins de temps si je n'avais pas dû me cacher. Mais je voulais absolument te revoir. Je n'imaginais pas que tu serais devenue aussi belle. Sophie, j'ai fait toute cette route, parce que je t'aime, et maintenant, je t'aime encore plus. Je ne me souvenais plus, combien tu es belle. Je te reconnaissais à peine, tu es plus grande, les cheveux plus épais et plus brillant, et ta taille, comme elle est fine. Sophie, j'ose à peine te toucher, tu es plus belle que je ne l'avais jamais imaginé.

- Quel lyrisme !

- Viens ! J'aimerais tan te serrer dans mes bras.

- André, tu n'imagines pas le nombre de personnes, dans ce château qui veulent me serrer.

- Sophie, viens avec moi, je t'aime vraiment.

- André, je t'aime bien, mais je ne suivrais pas un vagabond, et de plus, même si je le voulais, toute cette mécanique m'en empêche.

- Mais j'ai ouvert le cadenas.

- Il reste un détail, pour sortir, je dois passer entre ces deux cercles métalliques, et il y a juste la place pour une taille de 43cm, pas un millimètre de plus, et ma taille corsetée, fait 46cm.

- Quarante trois centimètres ? Mais c'est impossible ! Qui peut avoir une taille encore plus fine que la tienne ?

- Ma tante, ainsi que Caroline et Delphine, la corsetière. Il faut dire qu'elles s'entraînent depuis très longtemps.

- Mais, toi aussi, tu t'es entraînée ? Comment a-tu fais pour réduire ta taille ?

- Tu es un gros bêta ! Avec un corset bien sur. Un corset comme celui que je porte. Il suffit de le resserrer régulièrement, toujours un peu plus fort.

- Mais ça doit faire mal.

- Mais non, enfin parfois. Il faut être progressif et le porter en permanence. Bien sur, il y a quelques inconvénients, certaine chose que l'on ne peut plus faire, et une sensation permanente d'essoufflement. Tu devrais essayer. On adore ou on déteste. C'est selon !

- Cela ne me tente pas. Ton corset me semble trop rigide, mais j'aime bien la silhouette qu'il te donne. J'aime aussi beaucoup ta poitrine qui se soulève à chaque inspiration, c'est très excitant, troublant.

- Au lieu de t'extasier sur ma poitrine et ma taille, tu devrais m'aider à serrer plus fort ce maudit corset. Passe derrière et serre-moi, mais très lentement.

- Te lacer ! Jamais je n'aurais osé te demander de te lacer. Tu n'imagines pas le plaisir que tu me fais.

Je passais derrière la mécanique. Là, j'avais accès aux lacets de son corset. Je défis les noeuds, et je sentis les lacets m'échapper un peu. Ils étaient déjà très tendus. Sophie en sentant le léger relâchement des lacets et se doutant que j'allais bientôt la serrer encore plus fort, me dit

- Tire sur les lacets, mais surtout, fait le très lentement.

Je commençais à tirer sur ses lacets. C'était incroyable comme sensation. Voir sa taille se réduire petit à petit, au fur et à mesure que je la serrais plus fort. Il faut lacer une femme pour ce rendre compte du pouvoir que l'on a, de modeler ainsi le corps de son amour.

- Oui, comme cela.

Elle m'encourageait, bien que cela devait la serrer terriblement.

- Continue de me serrer.

Et le corset se réduisit encore. C'était magique, et terriblement existant. Comme sa taille était souple.

- Hoo ! Doucement ! Tu as beaucoup de force, mais c'est moi qui subis la pression du corset.

- Le corset me serre très fort. Attend un peu, s'il te plaît.

J'attendis qu'elle reprenne son souffle.

Après quelques minutes de répits, elle essaya de sortir, mais sa taille n'était pas suffisamment réduite pour passer

- Il faut encore me serrer plus. Mais je t'en prie, doucement. Je suis déjà très serrée.

Je repassais derrière elle, et après avoir défait les noeuds, je repris le serrage. Les lacets résistèrent plus. La pression devait avoir beaucoup augmentée. Je continuais de la serrer encore plus, très lentement, fasciné par la réduction incroyable de sa taille.

-Houff!!!

Je tirais encore

- Hooo!!! J'étouffe.

Et encore plus

- Hooo! Arrête ! Je me sens... faible...

La pression devait être très forte. Sophie avait une respiration saccadée, plus rapide, comme essoufflée. Je repassais devant, et essayais de l'aider à sortir de cette chose.

- Non. Je ne peux toujours pas passer.

Je lui dis :

- Veux-tu que je te serre encore plus fort ?

- C'est atroce. Je peux à peine respirer. Laisse moi reprendre mon souffle.

Sophie était pâle, et elle essayait de retrouver un peu de son souffle perdu.

- Encore un moment. Je ne suis pas sûr de tenir.

Elle était vraiment pâle, et me faisait peur. J'avais l'impression, quelle ne réussissait pas à reprendre une respiration normale. Sa poitrine montait haut, à un rythme rapide. C'était bien la seul parie de son corps qui bougeait, quand elle respirait. Le reste de son buste, de son ventre me semblait parfaitement immobile et rigide.

- Vas-y ! Mais je t'en supplie, très lentement.

Et je recommençais à la serrer encore plus fort. Il me fallait maintenant toute mes force pour tirer sur ces lacets.

- Houu!!! C'est... trop...

Je m'interrompis un bref instant avant de reprendre le terrible serrage de sa minuscule taille.

- Hooo!!! Trop... ser...rée...

- Courage ! Lui dis-je. Encore quelques millimètres, et les deux bords du corset vont se rejoindre.

- Hoooo... Peux... plus... res...pi.....rer.

J'avais renoué les lacets de son corset, effroyablement serré.

- Je... me sens... si faible... si... faible...

Elle pouvait à peine parler. Elle était au bord de l'évanouissement, et bien incapable de se tenir debout, sans appui. Il lui fallut plusieurs minutes de répit.

- J'ai des sueurs froides. Me dit-elle. Une langueur qui m'ôte toute force, toute volonté de bouger.

- Repose toi un peu. Lui dis-je. Préviens moi quant tu sera prête à essayer de sortir de toute cette ferraille.

Au bout d'un long moment, Sophie me dit.

- Je suis prête... aide-moi.

Je la soutiens pour l'aider à passer entre les deux calibres qui l'ont obligée de se réduire la taille à seulement 43cm, 43 incroyables petits cm.

- Oup! C'est très étroit ! Je passe tous juste.

Je la fis descendre de la machine.

- Enfin libre de cette chose. Mais comme mon corset me serre...

- Tu es fantastique Sophie. Je n'ai jamais vu de jeune fille avec une taille aussi étroite.

- Je te remercie de m'avoir aidé.

- ...

J'étais sans voix

- Excuse-moi, mais mon corset me serre vraiment trop.

- ...

- Je dois m'asseoir... Me reposer un peu.

- ...

- Je me sens si faible...

Et avec mon aide, je l'étendis sur le canapé.

- Comme tu es blanche ! Je devrais desserrer ton corset. Tu n'as plus besoin d'être aussi serrée.

- Ce serait une délivrance, mais j'ai une autre idée. Ce sera dur, mais je vais étonner tout le monde ce soir. Je serais la reine de la soirée, mais pour cela, je dois rester corsetée, même si c'est une torture.

Je la regardais sans la comprendre.

- Donne-moi la cloche, que je puisse appeler ma servante, et sauve-toi. Fait attention de ne pas te faire prendre par les surveillantes. Je te conseille vivement de te sauver au plus vite.

Je l'embrassais, très près de sa bouche. J'aurais aimé plus. Mais je partis, en me retournant pour la voir encore, pour garder dans ma mémoire sa silhouette, à la taille étranglée, la taille que je lui avais réduite. Sa taille tellement excitante, émouvante. Elle était comme une fée, tellement belle. Je la quittais avec regret, mais en me promettant de venir la revoir. Maintenant, je savais par ou passer discrètement, pour rentrer dans le château.

 

 

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