Histoire d'A (Titre provisoire)

 

Par Fred Pody.

III

Le tribunal

 

Je retraversais la chambre de Sophie, heureux de l'avoir retrouvée, encore excité de la séance de laçage extrême de son corset. J'ouvris les deux portes successives et entrais dans la salle au miroir. Au moment où j'allais monter les escaliers, une porte s'ouvra au dessus. Je ne pouvais plus monter, et il me fallait disparaître au plus vite. Je pris la décision de descendre. Il devrait bien y avoir un moyen de sortir du rez-de-chaussée. En bas de l'escalier, il y avait deux porte, je pris la porte de gauche, et entrais en trombe dans… une salle à manger, ou plutôt un réfectoire, plusieurs grandes tables étaient alignées. Mais le problème, c'était la présence de cinq ou six femmes en robe noir. Leurs surprises passèrent vite, et elles me foncèrent dessus. Je fus surpris de leurs réactions. Je m'attendais à des cris et à un vent de panique. Elles m'entourèrent, et c'est moi qui commençais à paniquer. Leurs forces combinées me submergèrent. Avant que j'aie pus faire le moindre geste, j'étais entouré, maintenus par de multiples bras. Elles m'obligèrent à me coucher sur le sol, ou elles pouvaient me maintenir sans effort, immobilisé, face contre le carrelage.

Peu de temps après, une dame plus âgée, portant la même robe sombre, mais avec une ceinture différente, entra. Elle parus surprise de me voir au sol, et sans attendre d'explication d'une des autre femme, elle me dit.

- Qui êtes vous et que faite vous ici !

- Je suis un ami de Sophie, je voulais lui rendre visite.

- Si vous être vraiment un de ces amis, vous devriez savoir, que la présence des hommes est strictement interdite dans ce château. Vous n'avez sûrement pas été invité. Je vais donc appeler la gendarmerie, qu'ils s'occupent de vous.

- Mais ! Madame, je n'ai rien fais de mal, j'ai même aidé Sophie à sort…

- TAISEZ-VOUS ! Je vais faire venir la gendarmerie, vous leurs expliquerez votre présence. Vous allez vite vous rendre compte, comment on traite les voleurs et les vagabonds.

- Madame, je vous en prie, ne prévenez pas les gendarmes. Je suis vraiment un ami de Sophie et je connais Madame Florence, la directrice de cette école.

La dame accusa le coup. J'espère qu'elle ne me traitera pas comme un vulgaire voleur.

- Je m'étonne que vous connaissiez la directrice de cette école ! Si vous la connaissiez vraiment, vous sauriez que c'est une demoiselle et non une dame.

Elle se retourna et dit aux autres femmes présentes.

- Mesdemoiselles ! Conduisez ce vagabond dans une cellule au sous-sol, nous avons d'autres taches plus urgentes ce soir. Je m'occuperais d'appeler les gendarmes demain. Il ne sera pas dit que ce vaurien gâchera la réception de ce soir.

Et je fut entraîné de force vers les sous-sols, ont traversa plusieurs couloirs, pour atteindre un long couloir sur le quel donnait une multitude de portes équipées de verrous. Une des femmes en noir, ouvrit une porte qui donnait sur une petite cellule, on m'y poussa.

Trois autres femmes entrèrent. Elles portaient un paquet de ferraille, une barre de fer carrée, terminée par deux bracelets, dans les quels, elle enfermèrent mes poignets. La barre faisant 40 à 50cm, mes poignets étaient tenus écarté de force par la barre. Du milieu de cette barre, partait une chaîne, faite de gros maillon très lourd, terminée par deux autres bracelets. Je dus baisser les bras, pour qu'elles puissent me fixer les deux autres bracelets aux chevilles. Ainsi équipé de ces lourdes entraves, les chaînes courtes me tiraient les bras en bas, quant j'étais debout et m'interdisaient de lever les mains.

La dame, vient contrôler mes fers, et elle referma la porte. J'étais enfermé dans une sorte de petite cave qui ne faisait pas plus de trois mètres de profondeur et encore moins en largeur.

Je ne vis plus personne. Il devait faire nuit. Dans cette cave, sans lumière et sans soleil, je n'avais aucune idée de l'heure. A tâtons, je découvris un matelas ou je pus m'étendre. Demain, je serais prisonnier des gendarmes. Il ne leurs faudra pas longtemps, pour découvrir mon identité, et m'accuser de meurtre. Je vais pourrir en prison pour un meurtre que je n'ai pas commis. Si je pouvais le prouver. Il me faudrait un avocats, mais sans un sous, comment faire. Et puis, le meilleur des avocats ne pourra pas me faire libérer sans aucune preuve de mon innocence. Je n'avais pas d'alibi. Le meurtre avait été perpétré la nuit de ma fugue, à quelques kilomètres seulement. J'étais perdu. Je ne m'endormis que d'épuisement. Un sommeil peuplé de cauchemar, ou je me voyais dans une galère ou dans une îles isolée, un bagne étouffant à casser des cailloux pour rien.

La porte s'ouvrit, et quelqu'un déposa une gamelle et un bout de pain, ainsi qu'une bougie allumée. Je pus manger, avec beaucoup de difficulté tan mes fers et mes chaînes étaient contraignantes. Impossible de prendre quoi que ce soit à deux mains. La barre m'obligeait à garder mes mains écartées, mes déplacements étaient pénibles, le poids des chaînes m'handicapait énormément, ainsi que la chaîne très courte qui réunissait mes entraves aux chevilles.

La bonne surprise : Le pain était bon, mais la gamelle ne contenait que de l'eau.

Plus tard, la bougie avais fondu de moitié, ont ouvrit de nouveau la porte, et une femme en noir poussa une chaise montée sur roue. Derrière le dossier en bois épais, il y avait une colonne de métal, sur la quel était fixé deux cerceaux de fer. Un large au niveau de la taille, et un plus étroit au niveau du cou. Elle défit les cadenas qui fermaient les cerceaux et les ouvrit en grand.

- Voulez-vous bien vous asseoir. Me dit elle.

Elle n'était pas seule, et mes chaînes ne me permettaient plus de m'opposer à leurs volontés. Je m'assis dans le fauteuil sur roue. Elle ferma le collier au niveau de mon cou, ce qui m'obligea à garder la tête relevée, le buste plaqué contre le dossier. Ensuite, elle ferma le cerceau de fer autour de ma taille, non sans difficulté, le cerceau était étroit et il m'obligeait à rentrer le ventre. J'étais enchaîné, cadencé, totalement immobilisé assis sur la chaise roulante. Elle sortirent toute, et me laissèrent là, impuissant, comme rivé à ce siège.

J'entendais des pas dans le couloir, mais personne ne vint me chercher. Puis… un long silence, plus rien.

Plus tard, encore des pas qui s'approchaient, la porte s'ouvrit, et la dame en noir entra, seule. Sans un mot, elle poussa le siège vers la sortie, elle pris le couloir, et, au milieux, en face des cellules, une double porte qu'elle ouvrit. Elle poussa mon fauteuil roulant au milieu de la pièce. Une pièce sombre, éclairée par des bougies. En face de moi, trois jeunes femmes, très élégantes, assises derrière une grande table, qui était placée sur une petite estrade. La table était encadrée par deux fortes colonnes de marbre. Des colonnes massives qui semblaient anciennes. La dame en noir alla s'asseoir derrière une autre table à ma droite. C'est à ce moment que je vis Sophie, également assise derrière cette table. L'ensemble était impressionnant, et ressemblait à un tribunal, un tribunal sans public, ni avocats.

La jeunes femmes au centre, se leva et dit avec une certaine solennité.

- Bonjour jeune homme, Je me présente, Je m'appelle Florence, et suis la directrice de cette école. A ma droite, Mademoiselle Delphine, corsetière et administratrice de l'école. A ma gauche Caroline, styliste, couturière et administratrice le l'école. La dame qui vous a conduit est la Surveillante Générale de cette école, elle est également directrice du personnel. A ces cotés, Mademoiselle Sophie que vous sembler connaître. A la demande de Mademoiselle Sophie, nous allons débattre de votre sort.

La directrice Florence me questionna.

- Vous affirmez que vous n'êtes pas coupable ! Soit ! Racontez nous votre version de cette fameuse nuit ?

Je lui répondis.

- Vers quatre du matin, je me suis levé. J'avais préparé un sac avec quelques vêtements et du pain, mais je n'ai pas pu le récupérer. Le surveillant faisait des rondes toute la nuit. C'était inhabituel, il semblait chercher quelque chose. Ce qui fait que je n'ai pus m'évader que deux heures plus tard, vers 6 heure du matin, une demis heure seulement avant le levé dans l’école. J'ais escaladé le mur, à un endroit que j'avais déjà repéré, près d'un arbre qui avait fait écrouler le mur sur la moitié de sa hauteur. Ensuite, je me suis dirigé vers Aubagne, le plus vite possible. J'ai fait plus de vingt kilomètres avant de m'arrêter dans un bois. Durant la première semaine, j'ai fait le plus de Km possible. C'est seulement dans la ville d'Avignon, que j'ai lut un journal abandonné dans un square. C'est à ce moment que j'ai compris que les gendarmes me recherchaient, me croyant coupable. Mais ce ne pouvait pas être moi ! Je n'ai quitté le pensionna que vers six heure du matin, et il m'aurait fallut trois heures de marche pour aller dans cette ferme. Le massacre avait déjà été découvert depuis longtemps.

- J'espère pour vous que vous ne mentez pas ! Dit Florence. Il me sera facile d'écrire au directeur de votre pensionna pour me renseigner. Dans la profession, il n'est pas rare de se communiquer des renseignements sur tel élève turbulent. Nous saurons alors à quelle heure vous étiez présent et à quelle heure, votre évasion a été constatée.

- Je vous assure que ce n'est pas moi. Je me suis évadé beaucoup trop tard, et jamais, je n'aurais pu faire une chose aussi horrible.

- Ce ne peut pas être lui ! S'exclama Sophie. Il n'en a pas la force, et il n'est pas violant. On dit, dans le journal, que l'assassin a soulevé une table d'au moins 100kg. Vous voyer bien que André n'en est pas capable.

- Soit ! Dit Florence. J'écrirais à ce directeur, pour nous assurer de son innocence. Mais cela ne résout rien. Je connais les gendarmes du coin. Ils sont bornés et n'accepterons jamais que ce jeune homme, puisse être innocent. Il n'est pas question que ces gendarmes le trouvent caché dans le château. De plus, le règlement interdit la présence d'un homme dans nos murs !

Caroline intervint.

- Je suis parfaitement d'accord avec toi, mais il cherche un jeune homme. On pourrait peut être le déguiser.

- Le déguiser en quoi ? Les déguisements sont toujours visibles.

- Je pensais à ce que m'a demandé une dame hier au bal. Elle cherche un établissement pour son fils. Elle cherche comment le rendre plus civilisé, moins brute, plus polit et moins turbulent. Elle a pensé que les méthodes d'enseignement dans notre école, pourraient peu être, lui être appliquées.

Florence dit d’une voie forte.

- Je suis sceptique Caroline, je ne pense pas que ce jeune homme accepterait de se soumettre à la discipline d’une école comme la notre. Il ne faut pas oublier, qu’il s’est évadé à plusieurs reprises de son pensionna.

Delphine prit la parole

- Tu le sais, Florence, que je cherche depuis un moment, un jeune homme pour tester les méthodes de cette école. Beaucoup d’entre nous pensons que ces méthodes, seraient profitable à certains jeunes hommes. Mais il nous faut présenter des cas concrets, au moins un exemple de réussite. Sans cela, jamais nous ne pourrons intégrer dans l’école ce genre de sujet.

- Et le règlement ! Dit Florence.

- Le règlement ne parle pas du sexe des locataires, mais uniquement de la composition de l’uniforme et des obligations des pensionnaires. Notamment en matière de corset. Cela ne devrait pas poser de problème, et avec l’aide de Caroline, avec un entraînement particulier, je suis certaine que personne ne pourrait soupçonner la présence d’un jeune homme dans l’école.

Florence repris.

- Je veux bien essayer Delphine, mais uniquement, s’il est impossible de reconnaître, qui est une jeune fille et qui ne l’est pas. Ceci implique une transformation en profondeur, un simple déguisement ne pourra suffire. Pas de perruque, ces cheveux devront être long. Il devra avoir une silhouette vraiment féminine, tel qu’au premier regard, il semble impossible que ce ne puisse pas être une fille. Son comportement, ces attitudes, ces manières devront être sans ambiguïtés, et donc extrêmement féminine.

Caroline rajouta.

- Rappelle toi Florence, nous cherchons depuis longtemps, un jeune homme voulant bien vivre cette expérience. Sans cet exemple, nous ne pourrons jamais démarrer ce service. Beaucoup de nos clientes, sont enchantées de l’éducation de leur fille, et elles aimeraient avoir une solution pour leur fils.

- Tu a raison, mais encore faut-il que ce jeune homme accepte de jouer le rôle de cobaye. Il n’est pas question d’imposer de force ce genre d’épreuve. Il faudrait lui demander son avis, sachant, jeune homme, que vous ne pouvez pas rester dans ce château sans respecter à la lettre tout ! Je dis bien tout le règlement : Habillement, coiffure, comportement, études, exercices de maintiens, réduction de la taille, ex-cetera… Vous n’aurez que deux solutions : soit vous partez, une porte donnant sur l’extérieure vous sera ouverte. Mais attention, votre départ sera définitif, sans espoir de retour. Soit vous restez, mais vous devrez alors respecter parfaitement le règlement de l’école. Ce règlement vous sera sans doute pénible, il vous semblera parfois étrange, mais c’est le seul moyen pour vous, de rester caché dans le château, et le seul moyen pour vous de vivre dans la même demeure que votre amie Sophie.

Il y eu un silence, une attente…

- Vous avez quelque chose à dire ? Dit Florence. Si vous voulez partir, vous le pouvez dès maintenant. Les gendarmes vous trouverons facilement, il vous recherche tous près d’ici ! Alors ! J’attends !

J'étais tétanisé, immobile dans ma chaise roulante. Bien sur, le collier cadenassé, les fers autour de ma taille, et les chaînes, ne me permettaient pas de bouger, mais je ne pus pas dire un mot durant…

- Et bien ! Vous dormez ?

- Heu… Je…

- Oui !!!

- Je ne sais quoi dire. Je ne veux pas être une fille, mais si je sorts, les gendarmes m’enverront au bagne.

Florence me repris.

- Il n’est pas question de faire de vous une fille ! Juste suivre une éducation spéciale et respecter le règlement que toutes les pensionnaires respectent. Rien de bien extraordinaire.

- Oui… mais si je dois ressembler aux autres filles… et l’uniforme… les corsets… Je voulais juste retrouver Sophie, rester avec elle…

- C’est un choix ! Comme tous les choix, il y a des avantages et des inconvénients. Il faudra faire avec. C’est à prendre complètement ou à laisser. Rassurez-vous, si vous acceptez d’être notre sujet d’expérience, dans quelques années, vous pourrez retrouver votre liberté, quand les gendarmes vous auront oublié.

- Je pourrais voir Sophie ?

- Bien sur, à condition qu’elle le veuille, évidemment.

- Ma tante ! S’exclama Sophie, Vous êtes dur avec lui.

- Sophie ! Dit la directrice. Si tu veux suivre ce jeune homme, libre a toi ! Je ne savais pas que tu désirais tan retrouver ton André. Je te laisserais donc le choix, en espérant vraiment que tu veuille rester avec nous. Sache que si tu persuades André de rester, j’accepterais volontiers, malgré mes réticences. Tu sera libre de le voir autant que tu le voudra, mais sous trois conditions : Qu’il passe son épreuve, qu’il respecte le règlement de l’école, et que personne ne puisse soupçonner qu’il n’est pas une fille.

- Mais personne d’autre ne saura que ne suis pas… une fille ? Demandais-je.

- Personne ! Ce sera un secret dans l’intérêt de nous tous ici présent. Personne d’autre que les dames et demoiselles, présentes dans cette pièce.

- Aucune autre élève que Sophie ?

- Aucune autre.

- Je pourrais partir quand je le voudrais ?

- Oui, durant votre période d’épreuve. Mais ensuite, à la fin de cette épreuve, nous vous demanderons de choisir définitivement. Vous pourrez partir, ou rester. Mais le choix que vous ferez en toute liberté, sera définitif. Vous pourrez choisir de rester définitivement quand vous aurez réussi à passer cette épreuve. Ceci nous indiquera clairement votre volonté de rester. Durant cette longue épreuve, vous pourrez abandonner à tout instant, et sortir définitivement.

- Je… voudrais réfléchir. Ce que vous exigez, est très gênant pour moi, mais je ne veux pas finir mes jours dans un bagne. Tout le monde me croit coupable de cet horrible meurtre.

- Bien ! dit Florence. Vous allez pouvoir réfléchir et choisir. Il n’est pas question de vous libérer dans l’enceinte du château. Sophie va vous conduire dans le couloir du libre choix. Ce couloir est fermé par des portes en acier. Dans ce couloir, se trouvent les clefs de vos chaînes. Sophie vous accompagnera et pourra, elle aussi, choisir de partir avec vous ou de rester. Dans ce couloir, vous aurez deux portes. Celle de gauche, vous permettra de sortir du château. Si vous sortez par cette porte, vous ne pourrez plus entrer dans le château, il vous faudra vous débrouiller seul. Celle de droite, vous fera entrer dans une salle fermée par des grilles. C’est le lieu de votre épreuve. Il n’y a dans cette salle que deux sorties. En retournant sur vos pas, vous pourrez sortir du château, l’autre sortie est la porte étroite. C’est votre épreuve. Si vous pouvez passer cette porte, vous pourrez rester vivre dans le château.

Il y eu un silence. Elles attendaient toutes, une réaction, enchaîné sur la chaise roulante, je ne savais quoi dire.

Florence se leva, suivit par nous toutes. Elle dit.

- Sophie. Tu accompagneras André dans le couloir du libre choix. Faite librement le meilleur choix pour vous.

Florence, suivit de Delphine et Caroline, sortirent de la salle.

La Surveillante Générale, invita Sophie, à la suivre. Elle poussa la chaise roulante dans le couloir, et se dirigea vers une salle carrée, juste après la sortie du couloir. Il y avait devant nous une porte ordinaire. La Surveillante Générale sortit son trousseau de clefs, et ouvrit la porte. Derrière, une deuxième porte en métal, qu’elle ouvrit également.

Elle demanda à Sophie, de pousser la chaise roulante et d’entrer avec moi dans le couloir derrière cette porte de fer.

La porte de fer fut fermée. J'étais attaché sur une chaise roulante, dans un couloir avec Sophie. Elle trouva les clefs et elle me libéra de toutes mes chaînes et de mes colliers de fer.

Libre, avec Sophie. Je m'approchais, elle ne bougea pas. Je la pris par la taille, sa minuscule taille. C'était fascinant de la tenir par une taille aussi étroite, aussi fragile, et bizarrement dur, baleinée. Elle était plus grande que moi. J'avais pourtant le souvenir que l'on faisait la même taille.

- Comme tu as changée, Je ne te reconnais plus, tu es tellement belle, féminine, comme je n'aurais jamais imaginé. Ta silhouette avec une taille aussi fine, est vraiment troublante, et tu es plus grande aussi.

- Gros bêta, je me transforme. Moi non plus je ne n'imaginais pas, que je changerais à ce point. Quant à ma silhouette, tu sais comment on peut se réduire la taille avec un corset très serré. Tu as serré mon corset hier soir. Et non je n'ai pas grandis, je porte simplement des chaussures avec des talons de 11cm.

Je me collais contre elle, la tenant pas son incroyable taille, et je dus lever la tête, son doux visage si près du mien, ces lèvres s'entrouvrirent, et je me tendis pour l'embrasser délicatement. Elle se laissait approcher, elle se pencha même pour mieux m'embrasser, sa langue rencontra la mienne, dans un baisé long et tendre, presque timide. Instant magique, merveilleux. Sophie et moi, seul, tendrement serré l'un contre l'autre. Je l'embrassais encore, plus passionnément. J'essayais de la tenir par sa minuscule taille, de la tenir complètement dans mes deux mains.

- Pas encore, mais plus tard, sans doute. Me dit-elle. Ce matin, je ne fais que 44cm, ce soir, mon corset me réduira à seulement 43cm, mais dans un mois, dans deux mois… sans doute... Je le désire terriblement, et je le crains, ma taille sera tellement étroite, que tu pourra l’entourer complètement avec tes mains.

J'avais de la peine à l'imaginer avec une taille encore plus étranglée.

- Te tenir complètement dans mes mains, par ta taille, comme tu es serrée, comme ta silhouette s’est transformée. Jamais je n’aurais imaginé qu’une femme puisse se réduire la taille ainsi. Tu es tellement belle, mieux que dans mes rêves…

- Arrête de fantasmer sur ma taille, je suis Sophie et pas seulement une jolie taille de guêpe. Tu dois décider ! A gauche, tu sors du château, à droite, tu me suis, mais tu devras changer. En est tu capable ? Les garçons savent se vanter, mais je doute que tu sois capable de suivre, la même discipline que moi. Je crains que tu me déçoives, que tu ne puisses même pas passer cette épreuve. Une épreuve bien moins exigeante que celles que j’ai déjà passée.

Elle me défiait, je sentais qu'elle voulait m'entraîner dans son univers. Je ne voulais pas la perdre, surtout pas maintenant que l'ont s'étaient retrouvés, après des épreuves si pénibles, cette fuite pour la retrouver enfin. Non je ne veux plus la perdre. Je ne pourrais plus vivre sans ses baisers, sans sa présence, sans plus la voir.

- Pourquoi ? Me crois-tu si faible. Je la passerais pour te prouver que tu te trompes.

- Avant de te vanter, tu ferais bien de te renseigner sur le genre d’épreuve que tu dois passer. Une épreuve qui te demandera de la persévérance. En général, ceux qui s’y essayent, abandonnent au bout d’une petite semaine.

- Une semaine ! Mais quelle est la durée de cette épreuve ?

- Cela dépend, quelques minutes, ou quelques jours, ou plus d’un mois. Mais dans tous les cas, tu dois passer cette épreuve en deux mois maximum. Au-delà, tu sera expulsé du château, gendarmes ou pas. Alors ! Tu me suis ou tu te sauves ?

Rien ne sera plus difficile que les huit mois de cavale à travers la France. J'étais près à tout pour rester auprès de ma tendre Sophie, ma merveilleuse Sophie.

Des épreuves. Ils ne pourront jamais en inventer de pire que ma séparation de Sophie et la fin de ma vie dans un bagne.

 

 

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Souvenir de Sophie, Livre2, Chapitre XIII

 (Histoire parallèle)

 

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