Histoire d'A Livre II

(Titre provisoire)

 

Par Fred Pody.

II

Les pointes

 

Ce soir fût pénible, très pénible. Delphine avait appliqué les consignes du groupe. Elle avait serré mon corset de nuit, plus fort que les jours précédents. J'avais perdu un demis cm, un douloureux demis cm.

Le lendemain matin, mon corset fut lacé à 53cm, en m'annonçant que c'était un serrage relâché, pour me permettre de souffler un peu, mais que avant midi, je serais de nouveau lacée à 52cm et demis, et ainsi jusque demain matin.

De plus, Caroline ne voulait pas me libérer de mes entraîneurs à cambrer. Je ne pouvais pas me tenir sur mes pieds sans leurs soutiens, pour parcourir les deux mètres, qui séparaient mon lit de la barre à lacer.

Ce jour là, je n'avais pas rejoins les autres élèves. Elles m'avaient fait asseoir dans une chaise roulante, les entraîneurs à cambrer toujours en place. Et ont étaient sorti de ma chambre, en nous éloignant de la salle de cours. Et en prenant de suite, la porte marquée "Service". Sur le palier de l'escalier de service, il y avait une grille, que Caroline ouvrit.

- C'est un ascenseur. Me dit Caroline. Comme le monte charge, mais en plus petit. Les dames de la cuisine, s'en servent régulièrement pour nous monter les repas, depuis les cuisines en sous-sol.

Elles firent entrer la chaise roulante avec beaucoup de difficulté, l'espace étant très petit. La chaise ne rentra, qu'en la positionnant en diagonale. Caroline actionna un levier sur un coté de la cabine, qui se mit brutalement à descendre.

- Mais ou m'emmenez vous ?

- Dans les sous-sols, dans une salle où il y a un équipement adapté pour t'entraîner.

- Mais m'entraîner à quoi ?

- A marcher, mon cœur.

Arrivées au sous-sol, ont sorti par les cuisines, et ensuite de longs couloirs sombres. Ont longea les cellules, ou j'avais passé ma première nuit au château. Et enfin, au bout de ce couloir, sur notre gauche, une double porte, qui donnait dans une salle sombre, en contre bas.


Il y avait un petit palier, et un escalier longeant le mur de pierre, sur notre gauche. Au centre de cette salle carrée, plus d'un mètre plus bas, il y avait un plateau circulaire, et un poteau au centre, surmonté d'une poutre horizontale, avec des poulies, des câbles, et un trapèze, comme celui de ma chambre.

Caroline, m'enleva mes entraîneurs à cambrer. J'essayais de bouger un peu mes pieds endoloris, mais le moindre mouvement, me faisait terriblement mal. Elle me chaussa avec une paire de chaussure légère avec de très hauts talons, et elle me demanda de me lever de ma chaise roulante. Caroline et Delphine durent me soutenir. Mes pied douloureux, me soutenaient à peine, bien qu'ils soient moins cambrés.

- Il faut descendre les quelques marches à pied. Me dit Caroline.

Ont descendit, et elles me conduisirent sur le plateau circulaire, sous le trapèze.

Je dus passer mes poignets dans des sangles, et je fus attachée au trapèze. Caroline et Delphine, se déplacèrent de l'autre coté du plateau. Elles soulevèrent un sac, qu'elles accrochaient à la corde, la même corde qui était fixée au trapèze. Quand elles lâchèrent le sac, je sentis une traction sur mes poignets. Une forte traction, mais pas suffisante pour me soulever.

- Voila ! Me dit Caroline. Ce contre poids, te tire avec une force de 40kg vers le haut. Ainsi, tes pieds n'auront à soutenir qu'une vingtaine de kg seulement. Tu vas marcher avec cette aide durant la matinée, sur la pointe de tes pieds.

Elle ressorti les entraîneurs à cambrer, et me les remis en place, me cambrant terriblement les pieds, aussi fortement que cette nuit. La traction du trapèze, me permit de me tenir debout, sur la pointe des pieds. Pas encore comme une ballerine, mais ce n'en était pas très éloigné. Mes pieds étaient tendus presque à la verticale, plus tendu qu'avec mes hauts talons.

- Marche un peu, s'il te plaît.


J'essayais d'avancer un pied, la pointe d'un pied. Je failli tomber malgré le trapèze qui me soutenait, me tirait en haut.

- Essaye de tous petits pas, quelques centimètres. Tu dois apprendre aussi à garder ton équilibre.

Je faisais glisser un pied de quelques cm et ensuite, l'autre. Mais mes chevilles affreusement tordues en arrière me faisaient souffrir abominablement.

Delphine partit et je restais seul, avec Caroline, qui ne me lâchait pas un seul instant. Je réussi à faire deux ou trois pas rapides, et extrêmement courts, avant de devoir m'arrêter, suspendue par le trapèze. Alors, il me fallait me redresser, me remettre droite, sur la pointe de mes pieds, et refaire une tentative de marche plus ou moins chaotique.

Au bout d'une heure de pénibles exercices, je réussis à faire cinq pas d'affilée, sans tomber, suspendue au trapèze.

Caroline me dit.

- Tu dois continuer seul tes exercices. Essaye le plus possible de marcher sans tomber, sans perdre ton équilibre. Apprend à rester debout, bien droite sur la pointe de tes pieds. Si tu t'en sort bien, demain, ont enlèvera cinq kilos du contre poids. A chaque étape, on allègera le contre poids, jusqu'à ce que tu sois capable de te tenir debout, sans assistance. Plus vite tu y arrives et plus vite tu sortiras de cette cave.

La journée fut longue et monotone. Caroline venait régulièrement me rendre visite, avec ma petite collation et elle me faisait marcher, pour se rendre compte de mes progrès.

Le soir, elle arriva en compagnie de Delphine. Caroline m'enleva les entraîneurs à cambrer et me mis des chaussures à très hauts talons. Ont remonta ensemble sur le palier, et elles me reconduisirent à pied dans ma chambre, en utilisant le monte charge.

- Pendant que tu t'entraînais à marcher sur la pointe des orteils, j'ai fais livrer dans ta chambre ton nouveau lit. Me dit Delphine.

En entrant, je vis que mon lit avait disparu, à sa place, il y avait un chariot surmonté d'un cadre métallique.

Delphine me fit approcher et elle m'expliqua.


- Regarde, ce cadre est le support de ton lit. Il est traversé par des barres. Sur ces barres sont fixé des soutiens, recouvert de cuir et ajusté à ton corps. Il y en a un pour le cou et la tête, un tampon dans le dos, un soutiens autour de ta taille, un autre avec deux encoches pour te tenir au niveau de tes genoux, et le dernier, aussi avec deux encoches au niveau de tes chevilles. Par-dessus chaque soutien, se vissera une barre rembourrée et recouverte du même cuir, qui te maintiendra bien au fond des encoches faites dans les soutiens. Ainsi, tu devras rester en place, sans le désagrément des cordes qui blessent ou marquent la peau.

Je ne savais pas quoi dire, c'était effarant, cette chose faite de barres de métal, ne ressemblait pas du tous à un lit. Je voyais bien les encoches plus ou moins grandes dans les soutiens, qui étaient placées au niveau du cou, de la taille, des genoux et des chevilles. En bas, il y avait deux rouleaux recouverts d'une matière douce, deux rouleaux, juste en dessous des soutiens des chevilles.

- Et ces deux rouleaux ? A quoi servent-il ?

C'est Caroline qui répondit.

- Ils vont remplacer tes cambreurs de pied. Ce lit est destiné à continuer l'entraînement de celle qui y dort toute la nuit. Il y a une manette qui permet un réglage précis de la cambrure des pieds. Je pourrais régler très progressivement la tension imposée à tes pieds. L'entraînement sera plus progressif et plus précis

- Bien ! Dit Delphine, inutile de perdre son temps en explication. Ont passe par la pratique.

Caroline et Delphine m'enlevèrent mon bustier et ma jupe étroite. Je me plaçais docilement comme chaque soir, sous le trapèze, et elles m'attachèrent les poignets. Delphine actionna le treuil, me faisant décoller du sol, pendant que Caroline ouvrait ma ceinture métallique. Ensuite, elles me déshabillèrent entièrement, ce qui fut long, tellement mes sous-vêtements étaient nombreux. Je sentis des picotements et une fraîcheur soudaine au moment ou Delphine dégrafa mon corset. Ma toilette fut elle rapide, le bassin glissé sous mes pieds, un boc d'eau et une éponge, un peu de savons et hop, terminé. Sauf, qu'elle avait prévus des soins après m'avoir lavé le corps. Delphine me massa la taille, et tout le buste avec une huile parfumée. Ensuite, je fus parfumée et poudrée tout autour de ma taille.

Arriva le moment de me faire corseter. Corset de nuit, long et rigide, lacé à maintenant seulement 52cm et demi. Le treuil à corseter fut comme les autres jours, d'une efficacité redoutable. Delphine me serrait sans aucun effort, mais moi, j'endurais la terrible pression que m'imposait mon corset de nuit. Mon corset m'avait de nouveau enlevé toutes mes forces. Dans cet instant, je devenais incapable de la moindre protestation. La force de mon corset, m'avait aspiré mes propres forces.

Caroline fit basculer le lit d'entraînement à la verticale. Ensuite, elle le plaça derrière moi, en le faisant rouler. La hauteur du lit avait été calculée au plus juste, en rapprochant le lit dans mon dos, les encoches prenaient place exactement où il fallait, mon cou entrait tous juste ainsi que ma taille dans l'encoche du soutien de taille.

Elle le poussa en avant au maximum, de sorte que toujours suspendue au trapèze, je me place bien au fond des encoches aménagées dans les soutiens. Elles me fixèrent les barres, fermant les soutiens. Celle du cou, m'obligeait à tenir ma tête très en arrière, celle de ma taille fit une pression supplémentaire sur mon corset, me bloquant et enfonçant le tampon dans mon dos, ce qui m'obligeait à me cambrer. La barre sur mes genoux me bloquait les jambes, ainsi que celle sur mes chevilles. Ces barres étant bien serrées, je ne faisais qu'un seul bloc avec ce lit étrange.


Je sentis la tension du trapèze baisser, Caroline l'avait descendu et Delphine me libérait mes poignets. J'étais alors suspendue par les attaches de mon lit d'entraînement. Suspendue et maintenue rigidement comme jamais auparavant. Mes bras ne restèrent pas libres longtemps, Caroline me les tirait en arrière et m'attacha les poignets dans un support derrière moi, me tirant les épaules en arrière.

- Ceci participe à ton entraînement, les bras attaché en arrière, te force les épaules à une posture plus convenable, bien tirée en arrière.

Mes épaules en arrière, le tampon dans le dos qui me forçait à me cambrer, mon corset horriblement serré, et tous mes membres solidement attachés. Je n'en pouvais plus. Passer toute une nuit ainsi, c'est inimaginable, et pourtant…

Caroline actionna un verrou, et fit basculer le lit à l'horizontale. Je me sentis mieux, les tensions dues à la verticalité avaient disparues. J'étais fixé, serré, mais plus détendue.

- Ont a presque fini, me dit Caroline. Il reste à ajuster la tension de ton cou et la cambrure de tes pieds.

Je voulais me tourner vers elle, mais c'était impossible. J'étais fixé, boulonné dans le cadre. Non, ce cadre n'avait rien à voir avec un lit. C'était plutôt un support métallique pour fixer des soutiens, ou plutôt des carcans fermé par des boulons. Même ma tête ne pouvait plus tourner.

Je senti que l'on glissait quelque chose sur et dessous mes pieds.

- Je mets en place les cambreurs de pieds. Dit Caroline.

Ensuite, je sentis une pression grandissante dans le creux de la voûte plantaire et en même temps, une pression inverse sur le sommet de mes orteils.

- Je commence à tendre les cambreurs de pieds.


L'effet sur mes pied était le même qu'avec les entraîneur à cambrer. La tension sur mes chevilles, sur ma voûte plantaire augmenta, et devint pénible à supporter.

Bien ! Dit Caroline. La cambrure est suffisante pour cette nuit. Demain, j'augmenterais la cambrure. Dans deux semaines, tu auras les orteils verticaux, dans le prolongement de ton tibia. Tu marcheras comme une jolie ballerine.

- C'est vraiment très tendu. Mes pieds me font mal.

- C'est très bien. Dit Delphine. Cela te fera oublier la pression de ton corset. Comment te sent-tu ? Rien d'insupportable ?

- Ma taille et mes pieds sont douloureux.

- C'est normal, je vais donc pouvoir ajuster ton soutien de cou. Quand le réglage sera fait, tu ne pourras plus ouvrir la bouche.

- Quoi ! Mais…

- Silence mon petit bijoux. Caroline s'occupe de tes robes, de tes sous-vêtements et de tes chaussures, moi, ce sont les corsets et les minerves. Caroline t'habille, moi je vais te modeler, te réduire encore plus la taille et allonger ton joli cou.


Elle se plaça derrière moi, à la tête de mon pseudo lit. Delphine actionna des rouages, et je sentis le soutien de cou, se déplacer vers l'arrière, la barre rembourrée et couverte de cuir, pressa de plus en plus fortement sur mon menton. Ma nuque prise dans l'encoche du soutien fut tirée de plus en plus fortement vers l'arrière. Mon cou se tendit, de plus en plus. Quand Delphine arrêta de me tendre le cou, la pression sur ma nuque et mon menton était terrible. J'étais par ailleurs incapable d'ouvrir la bouche, tant la pression sur ma mâchoire était forte.

Ma tête était alors bloquée comme dans un étau, j'étais muette, tous le corps bloqué, distendu ou compressé.

- Voila mon cœur, ma jolie poupée. Tu commences l'entraînement extrême, des poupées précieuses. Nous allons te modeler à un point que tu n'imagines pas. Bonne nuit Jolie Mademoiselle.

Je ne pouvais plus bouger, mes jambes bloquées, mes pieds atrocement tordus en arrière, mes poignets attachés loin dans le dos, me tirant mes épaules très en arrière, et ma tête prise comme dans un étaux, le cous terriblement distendu. Une immobilité totale. Comment dormir ainsi ?

J'étais seule, immobilisée et muet dans le noir. Mon ventre douloureux, avec la place pour seulement 52cm et demi.

Longue nuit blanche. Immobile, calme. Ma seule activité était de tendre l'oreille, d'épier les petits bruits de la nuit. Impossible de m'endormir ainsi, compressé, étiré et cambré… Je pensais que Delphine se moquait de moi, en parlant de m'allonger le cou, je n'en étais plus très sure. Elle va peut être m'allonger le cou, comme elle ma réduit la taille. J'essayais de m'imaginer avec une taille minuscule et un très long cou. Ma silhouette serait ainsi très étrange.

La nuit fut longue et pénible…

J'observais la lumière changer, imperceptiblement et ensuite, de plus en plus, une lumière grise, avec quelque reflets violets, puis plus chaude, d'autre reflets rougeâtres au plafond, la seul partie de ma chambre que je pouvais apercevoir. Un bruit de serrure, et Delphine entra.

- Bonjour ma jolie. Tu as passé une bonne nuit.

- …

Je ne pouvais pas parler, le carcan autour de mon cou, était tellement tiré, qu'il me bloquait la mâchoire.

- Tu n'es pas très causante ?

- MMmmm.

Delphine passa sur le coté, débloqua le mécanisme, et fit basculer le lit à la verticale.

Tous mon poids, était reporté sur mon cou et ma taille. C'était assez insupportable. Delphine me fit rouler pour me placer sous le trapèze. Elle détacha mes poignets, pour les attacher aussitôt à la barre du trapèze.

Elle actionna le treuil, et mes bras furent fortement tirés vers le haut. Ensuite, elle détendit la traction sur mon cou, très lentement. Ce fut douloureux, et ont dû faire une pose, avant de me libérer de mon carcan. Après un quart d'heure d'attente, elle enleva la barre du soutien de mon cou. Ensuite, elle enleva toute les barres et libéra mes pieds des cambreurs. J'étais alors, suspendue par mes poignets. Delphine dégagea le lit spécial d'entraînement et elle me délaça mon corset de nuit, pour ensuite me laver.

J'étais ankylosée raide, la moindre tentative de mouvement était douloureuse. Delphine me massa pour me soulager.

- Ces massages après une nuit immobilisée, sont indispensables. Il faut réactiver très doucement tes muscles. Surtout, que tu n'as pas encore l'habitude de passer la nuit complètement immobilisée.

Caroline entra.

- Bonjour mes chéries. Alors, Mademoiselle A, tu as passé une bonne nuit ? Tu es prête pour une nouvelle journée d'exercice ?

- Bonjour Caroline, je suis épuisée, je n'ai pas dormis, et je me sens raide.

- C'est une bonne raison pour faire tes exercices. Ont retourne dans le sous-sol. Cette foi, tu marchera avec un contre poids plus léger. Tu dois fortifier tes chevilles et tu ne pourras pas toujours avoir l'aide d'un contre poids pour te tenir debout.

Elle se moque de moi. Tenir debout, soit, mais se tenir sur l'extrême pointe des orteils, c'est autre chose.

Ont reparti donc vers le sous-sol, pour une nouvelle journée d'entraînement.

Le soir, j'étais vraiment à bout. J'avais passé presque toute la journée, debout sur la pointe de mes pieds, attachée à une potence. Caroline m'avait obligé à marcher en rond, toujours attachée, mes bras et mes poignets douloureux, autant que mes pieds, cambrés de force par des entraîneurs à cambrer de plus en plus tendu.

Enfin, ont remonta, par l'ascenseur. Un ascenseur en principe interdit, mais j'étais tellement épuisée, que Caroline avait consenti à m'y conduire.

En sortant sur le pallier, j'entendis du bruit, de l'agitation en provenance du couloir.

Toutes les élèves étaient dans le couloir, et nous barraient le chemin. Il y avait des cris, des gestes, toute une agitation inhabituelle.

Caroline et Delphine, s'avancèrent, les élèves s'écartant de leur chemin. J'en profitais pour les suivre, et je vis Sophie, penchée vers Coralie, leurs visages très proche. Je ne savais pas si elles allaient se battre, ou s'insulter. Leurs visages restaient très proches, malgré leurs mouvements violents.

Je m'approchais, intriguée, Sophie ne pouvait pas supporter Coralie, elles devaient sûrement se battre d'une manière un peu étrange.


Mais en m'approchant encore, il me semblait qu'elles s'embrassaient sur la bouche. J'étais choquée et sans doute un peu jalouse. C'était bizarre… je remarquais alors, l'épais collier qui les réunissaient. Il était d'une seule pièce, très épais, comme un double carcan, et vrillé de sorte qu'elles soient forcées de rester face à face, bouche contre bouche, dans un baiser permanent. Mais je ne comprenais pas qu'elles restent face à face, il leurs suffisaient de se tourner… Je m'aperçus, qu'en fait, cela leurs étaient impossible. Le double carcan, était surmonté d'une épaisse barre de métal doré, qui leurs pénétrait la bouche, et les empêchaient de se tenir autrement que lèvres contre lèvres, contraintes à un long baiser.

Sophie et Coralie, s'embrassant sur la bouche, cela était vraiment incroyable. Elle avaient beaux se démener essayer de s'éloigner l'une de l'autre, le double carcan ne leur permettait pas de se séparer, et leur long baiser risquait d'être vraiment long.

Tout a coup, un mouvement de foule, les regards attirés vers le fond du couloir. Madame la Surveillante Générale arrivait et entraînait derrière elle un couple, unis dans le même baisé, par un double carcan. Gwendoline et Solange réunie également dans un long baiser forcé.

Elles avaient l'avantage d'avoir la même taille, et elles ne cherchaient pas à se séparer. Ma tendre Solange, qui embrassait une autre que moi, ma jalousie, devenait plus forte, plus insistante. J'aurais voulus être à la place de Gwendoline, attachée face contre face avec ma tendre Solange. Mon envie monta d'un cran, quant la Surveillante Générale annonça, qu'elles resteraient attachées ensemble durant deux jours et deux nuits. Je restais seul, Sophie qui ne semblait pas vouloir de moi, et Solange qui passera deux nuits attachée à Gwendoline.

La Surveillante Générale avait fait disperser tout le monde, Sophie et Coralie, partirent ensemble, vers la chambre de Coralie. Ensemble en s'embrassant, forcées de s'embrasser.

Gwendoline et ma tendre Solange, ensemble vers leur chambre, ensemble et si proche…

Et moi, seul dans ma chambre, corseté… pardon, corsetée dans un long corset de nuit, à 52cm et demis, bloquée dans un lit d'entraînement, étirée, cambrée, complètement immobilisée jusqu'au lendemain matin.

Cinq jours que je tournais toute la journée dans cette cave, attachée à un contre poids de plus en plus faible, qui me m'aidait presque plus à me tenir debout. Caroline avait tendu au maximum mes entraîneurs à cambrer. Cette nouvelle traction était encore plus douloureuse que la dernière foi. Mes pieds étaient cambrés à un tel point, que mes orteils étaient maintenant, encore plus en arrière, presque sous mes talons. Avec cette position, mon équilibre était complètement changé. Avant, la pointe de mes pieds étaient légèrement en avant de mon tibia. Mais maintenant, depuis que Caroline avait tendu mes entraîneurs à cambrer au maximum, la pointe de mes pieds étaient derrière le prolongement de mes jambes, et me déséquilibrait complètement, me poussant en avant. Il me fallut beaucoup de temps et d'entraînement pour retrouver un équilibre en me cambrant en arrière.

Aujourd'hui, ont ne descendis plus dans le sous-sol, mais Caroline m'emmena dans la salle Sylphide, juste en face de ma chambre. Là, elle me remis mes entraîneur à cambrer aux pieds, et elle les tendis au maximum. J'étais alors sur l'extrême pointe de mes pieds, et je devais sûrement avoir grandie de plus de vingt cm. Elle me fit marcher en me tenant d'une seule main à la barre de danse. C'était très difficile, la tension sur mes chevilles était terrible, et mon équilibre tellement modifié, que j'avais beaucoup de difficultés à trouver la bonne posture, pas trop en avant, pas trop en arrière. Chaque petit pas, était pour moi, un défi, et une satisfaction, quand je ne tombais pas.

Les jours suivant, je dus faire les mêmes exercices, mais en m'éloignant de plus en plus loin de la barre de danse. Deux pas sans me tenir, ensuite trois, un mètre… et vite retrouver un point d'appuis. Marcher ainsi comme une ballerine, sans se tenir à quoi que ce soi, fut un exercice particulièrement périlleux.

Au bout de deux semaines d'entraînement quotidien, je pouvais marcher sur une petite distance sans aucune aide, sans le moindre soutien. Mais c'était au prix d'une concentration qui n'admettait aucun relâchement.

Rester debout, sans bouger m'était rigoureusement impossible. Je devais piétiner constamment à la recherche de l'équilibre. C'était le seul moyen, car mon corset bien trop rigide ne me permettait pas de bouger le buste, mes bras ne pouvaient pas m'aider non plus. Caroline m'avait attaché les coudes dans le dos, pour me donner une meilleure posture et me forcer à garder mes épaules en arrière.

- Une dame ne joue pas à l'équilibriste en agitant ses bras de gauche et de droite, sous prétexte que ses talons la déséquilibre. M'avait affirmée Caroline.

Mais les dames, ne marche pas comme des ballerines. Les dames, non, mais moi si…

Delphine entra, et demanda à Caroline

- Tu penses qu'elle sera prête pour l'épreuve ? Il ne reste que trois jours.

- Oui, demain, je lui fais essayer des chaussures avec un talon de 24 cm. Des chaussures spéciales qui la fera marcher comme une ballerine, mais avec un talon.

- Florence rentre de voyage demain. Quand elle verra qu'elle peut marcher ainsi, je crains, que Florence nous demande ma même chose. Elle m'a déjà imposée de porter un corset de nuit, comme celui de mademoiselle A. Je peux te dire qu'il est pénible à supporter. Elle m'a même menacée de me faire dormir dans un lit d'entraînement.

- Ho, je risque de subir le même sort. Depuis l'arrivée de Mademoiselle A, elle a sous la main un cobaye parfaitement obéissant, sur le quel elle peut expérimenter toutes les idées qui lui traverse l'esprit.

Delphine repris.

- Quand j'ai rencontrée Florence, j'étais en apprentissage dans une maison de corseterie. C'est elle qui m'a engagée, avec de gros avantages. Mais j'ai dû subir un entraînement très dur, pour me réduire la taille. Un entraînement, bien plus sévère, que dans cet atelier de corseterie. C'était la condition, descendre en dessous de 41cm pour avoir le droit de rester au château. Je ne sais pas comment j'ai pu me serrer à seulement 41cm. Mais ensuite, ses exigences, n'ont pas faiblie. Après quelque mois auprès de Florence, elle m'a interdit de dépasser les 40cm. Et le soir, en sa présence, je dois descendre à seulement 38cm.

- Je sais Delphine. Elle a eu la même exigence pour moi. Mais je n'ai jamais réussie à descendre en dessous de 39cm et je tiens difficilement 41cm durant la journée. Si en plus, ont doit marcher comme Mademoiselle A…

- Si Mademoiselle A, réussi à tenir corsetée et sur la pointe des pieds durant l'épreuve du jardin des Sylphides, ont devra suivre le même entraînement, passer nos nuits attachées dans des lits de contrainte et d'entraînement, marcher comme des ballerines, et se faire allonger le cou.

Je me rendais bien compte de leur angoisse, à ces nouvelles perspectives. Ma réussite, pouvait signifier pour beaucoup, de nouvelle difficultés, des contraintes supplémentaires, mais aussi, faire de nos corps, une véritable œuvre d'art. Je me demandais si Florence aurait les mêmes exigences envers les autres élèves. Sûrement pas, mais pour Sophie, c'était autre chose. Elle avait sur elle, tous les droits, étant sa tutrice. Quant à moi, je n'existais pas. Je n'avais plus d'identité depuis ma cavale. Je savais que j'allais lui servir de cobaye pour toutes ses expériences d'entraînement et de modification corporel. Faire d'un jeune homme, une jolie poupée, était devenus un but, un jeux particulièrement pénible pour moi.

Le soir arrivait, et c'est avec appréhension, que l'on regagnât ma chambre, ou m'attendais mon terrible lit d'entraînement et mon inflexible corset de nuit.

M'attacher au trapèze, me déshabiller, me laver, le rituel du soir ne pouvait pas changer d'une virgule. Sauf que, au moment de me lacer mon corset de nuit, Delphine m'annonça, qu'elle devait me serrer à seulement 52cm.

- Mais pourquoi ? Je suis déjà tellement serrée.

- Rappelle toi ta promesse de me remercier quand j'aurais la bonne idée de te réduire la taille un peu plus.

La promesse… Je devais la supplier de me corseter encore plus, si je ne voulais pas endurer une punition supplémentaire.

- Alors ! Dit Delphine, j'attends… Tu te rappelles avoir promis de perdre 1cm. Tu n'en as gagné qu'un demi.

Oui et je devais la supplier de me serrer et la remercier. Pourtant, je ne voulais pas. Mon corset était déjà suffisamment pénible à porter. Il me semblait inutile de le serrer encore plus, mais Delphine attendait, de plus en plus impatiente. Il fallait bien que je me soumette, si non…

Je lui dis donc ce qu'elle voulait entendre.

- Delphine, ma merveilleuse corsetière… Je te supplie de bien vouloir me serrer la taille. J'adore quant tu tires sur mes lacets, compresse moi comme tu le désire. Serre moi encore plus, même si je dois m'évanouir. Fait moi une taille extraordinaire. Fait de moi une poupée corsetée comme personne. Etrangle moi ma taille, fait là minuscule. J'aimerais que tu puisses l'entourer de tes deux petites mains, que j'aie la taille la plus fine, même si elle sera plus douloureuse.

Le treuil était en action, ma taille se réduisait lentement, jusqu'à ce que je ne puisse plus parler, tant j'étais serrée, comprimée à la dernière extrémité.


Quand Delphine annonça triomphalement 52cm, j'étais sur le point de m'évanouir.

J'étais tellement faible que c'est a peine si je me rendais compte que l'on me fixai dans mon lit d'entraînement. Même la tension sur mon cou, ne me fit plus réagir, tellement j'étais faible.

Elle sortir, comme dans un rêve. Je savais que je devrais vivre dorénavant avec un tour de taille de 52cm. J'appréhendais l'épreuve du jardin des Sylphide avec un corset aussi serré et en marchant sur la pointe de mes pieds. Trois jours… Il ne restait que trois jours pour être prête. Mais prête a quoi ?

 

A suivre...

 

 

Histoire d'A Livre 2 , Chapitre I  -  Histoire d'A Livre 2 , Chapitre III
 
(Histoire parallèle) Souvenir de Sophie, Livre 3, Chapitre II
 
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