Histoire d'A Livre II

(Titre provisoire)

 

Par Fred Pody.

V

Cérémonie de fin d'étude

 

Le lendemain, je me levais très tard. Dans cette salle sans fenêtre, je ne pouvais pas savoir qu'elle heure il pouvait bien être. C'est une surveillante qui me le dit, en basculant mon lit d'entraînement. Pour ensuite, m'attacher au trapèze, me retirer mon corset de nuit, faire vite ma toilette et... me bander les yeux.

- Madame, pourquoi ?

- Vous êtes trop curieuse, ma poupée.

Je sentais que l'on agrafait mon corset qui fut lacé durement à un petit 52cm et demi.

- Je n'ai pas le temps de venir vous resserrer en deux fois, de toute façon, il est presque midi.

Donc pas de répit, en étant serrée à 53cm le matin. J'entendis quelqu'un entrer

- C'est votre robe pour cet après midi.

- Mademoiselle Caroline a choisie pour vous une très belle crinoline.

- Mais c'est démodé, personne ne porte plus de crinoline depuis plus de vingt ans !

- Je sais parfaitement cela petite idiote. Mais Mademoiselle Caroline a décidée que ce genre de robe encombrante et très romantique, vous irait parfaitement bien.

- Dépêchez-vous. Dit la camériste à la surveillante. J'ai d'autre pensionnaires à habiller pour la cérémonie de cet après midi.

Je sentais que l'on attachait des choses plus ou moins lourdes autour de ma taille. Il fallut me détacher, mais elle ne voulait pas m'enlever le bandeau sur mes yeux.

Je dus lever les bras, et je sentais que l'on me passait quelque chose de grands par-dessus la tête. Sûrement la robe.

Enfin, la surveillante m'enleva mon bandeau.

La robe était sans doute très belle, mais aussi très large. Trop décorée, avec tous ces rubans, ces fleurs de dentelle, tous ces falbalas...

Je devais ressembler à un gros gâteau de mariage à la crème. Un gâteau bleu, couvert de chantilly. J'avais pour la première fois, les épaules nues, un grand décolleté décoré d'un fouillis de dentelles blanches et mousseuses. Cela donnait l'impression que j'avais une belle poitrine. En fait, mon corset me donnait déjà une vraie poitrine de fille. Il ne se contentait pas de me broyer la taille, de la faire minuscule, il m'élargissait les hanches et me donnait une poitrine, disons, pas excessive, mais impossible à cacher.

Me déplacer avec une robe aussi large, qui prenait des libertés, en se balançant quand je marchais.

Heureusement, je portais des chaussures... "Normales", avec des talons de seulement 11cm...

Une surveillante, m'accompagnât pour descendre au rez-de-chaussée, pendant que la camériste, parti rapidement, pour habiller une autre pensionnaire.

Tout se passa bien dans les couloirs, je devais simplement suivre la surveillante en me tenant bien au milieu. Mais le premier escalier fut surprenant et impressionnant. Ma crinoline, s'avançait loin devant moi. Je ne pouvais pas apercevoir les marches de l'escalier. Arrivé au bord, je ne voyais qu'un grand vide devant moi, au-delà de ma crinoline. La surveillante dû me guider pour trouver la première marche. Elle me rassura en passant devant moi, mais descendre ces hauts escaliers sans rien voir, fut difficile et très long.

Arrivée au premier étage, elle m'emmena vers le grand escalier de la salle de bal. Un escalier d'apparat qui nous avait toujours été interdit d'emprunter. Une aide de Caroline nous attendait.

- Bonjour Mademoiselle A. Je vais vous enseigner comment descendre cet escalier avec grâce et élégance.

L'escalier était très impressionnant et aussi très large.

- Vous devrez descendre cet escalier sans vous tenir à la rambarde, vous devrez rester au milieu. Nous allons faire plusieurs fois cet exercice, de sorte que vous soyez très à l'aise, détendue. Ainsi, vous pourrez vous concentrer sur votre démarche et votre attitude élégante.

Cet escalier me semblait vraiment très haut, pourtant il partait à mi hauteur de la salle de bal. Une salle très haute de plafond, vraiment très grande.

- Vous portez des chaussures, pas trop haute, pour que vous puissiez descendre cet escalier sans trop de risques.

Pas trop haut, mais mes talons faisaient 11cm, ce qui est très haut. Bien sur, plus facile que les ballets bottes, qui m'obligeaient à marcher sur la pointe des orteils.

- La première chose à faire, est de prendre vos repères, par rapport à la première marche. Personne ne pourra vous guider, et rater la première marche serait une catastrophe. Ensuite, vous devez savoir que les marches sont étroites. Collez donc votre talon sur la contre marche. N'essayez pas de descendre vite, ayez des gestes mesurés, lents. Sachez également que ces marches sont moins hautes que dans les escaliers normaux. Vous descendrez donc très lentement. Sur le palier, avancez au centre et ensuite, tournez-vous vers la salle. Vous attendrez que l'on vous nome, avant de continuer la descente. Attention, les dernières marches sont plus longues. Avancez très lentement.

Premier exercice, je dû m'avancer jusque la première marche, et là bien repérer ou j'étais. Il y avait un petit ruban attaché à la rambarde. Juste au niveau de la première marche.

- Oui. Dit mon professeur de maintien. Ce ruban vous servira de repère. Tester du bout du pied, le début de la marche. Bien Allez y.

J'avançais le pied, le talon glissant sur le bord de la marche, et très vite, je sentis que je posais le pied. La marche n'était vraiment pas haute du tout. Moins haute que mon talon...

Je négociais la marche suivante, avec précaution. Ce n'était pas difficile, mais ce grand escalier et ma crinoline qui me cachait la vue, était vraiment très impressionnant. Je n'avais pas du tout envie de descendre plus vite. Lentement, avec mille précautions, je descendis jusqu'au palier. Je m'avançais au centre et me tournais vers la salle.

- Vous devrez attendre que Mademoiselle Florence vous appelle, ensuite vous continuerez votre descente, toujours aussi lentement.

Après cette descente, je dus remonter, et attendre dans une salle, ou d'autres élèves attendaient déjà. Chaque nouvelle qui descendait du deuxième dans cette salle, était prise en charge pour faire l'exercice du grand escalier.

Après une longue attente, la Surveillante Générale entra.

- Mesdemoiselles, vous allez vous ranger dans l'ordre que je vous indiquerais. Ensuite, en file indienne, vous entrerez sur le bacon du grand escalier. Quand je vous le commanderez, vous descendrez la partie haute du grand escalier et vous attendrez sur le palier. Quand Mademoiselle Florence, vous nommera, vous descendrez jusque dans la salle de bal.

Après quelques instants de grand cahot, ont fini par être dans l'ordre voulus devant la porte. J'entendais faiblement, Mademoiselle Florence faire un discours sur les qualités de l'école et de l'efficacité de sa méthode, ou elle allie élégance et contrainte.

- Tenez-vous prête ! Dit la surveillante Générale

Florence nous annonça au public.

- Entrez doucement et soyez gracieuse.

Ont entra, lentement. Les applaudissements retentirent vite, avec retenue, comme pour ne pas troubler cet instant délicat.

Ont s'alignât derrière la balustrade au dessus du grand escalier.

La Surveillante Générale, derrière la porte, fit signe à Coralie, qui s'avança vers l'escalier. Elle le descendit lentement, bien droite, fière, une robe à tournure, élégante et particulièrement luxueuse. Je ne l'aimais pas beaucoup, mais je devais reconnaître, qu'elle était extraordinairement belle, impressionnante.

- Mademoiselle Coralie. Elle a fondé le groupe du "Club des 4 Parisiennes" Son groupe est arrivé en tête des tours de taille. Elle-même, a une des taille les plus fines de l'école.

Coralie descendit les dernières marches avec beaucoup d'élégance.

- Mademoiselle Coralie Je vous décerne la grande distinction des MLC. En effet, vous avez réussi dans toute les formations de l'école, danse, Cours de maintient, Histoire de la mode, Cours d'élégance, et silhouette.

MLC... je fut surpris, surprise de ce sigle, celui de mon groupe et je voyais l'étonnement autour de moi.

- Pour obtenir cette haute distinction des MLC. Dit Florence, il faut avoir au moins soixante pour-cent dans toute les matières enseignées dans cette école, mais aussi avoir une silhouette gracieuse, avec un tour de taille ne dépassant pas 47cm. Oui Mesdames. C'est une exigence particulièrement difficile à atteindre. Bravos Mademoiselle Coralie, vous faite maintenant partie des "Merveilleuses Lady Corsetées".

MLC, le hasard était impossible.

Les autres filles du groupe C4P furent appelée une a une et reçurent chacune la même distinction, une broche en or, représentant un buste fortement corseté.

Ensuite Alice du groupe de "La Société Parisienne" fut appelée. Suivit de Betty, Christelle et Claudia. Seul Claudia reçus la distinction des MLC. Claudia était sans conteste la plus belle de son groupe. Sa taille était vraiment minuscule.

Vient le tour de "L'Association Des Indépendantes". Leurs chef de groupe ne reçus pas la distinction des MLC, je ne sais pas pourquoi.

Florence appela Sophie.

- Mademoiselle Sophie, à la tête du groupe "Magnifique, Lumineuse et Charmante", un choix prémonitoire... Mademoiselle Sophie mérite amplement le titre de MLC. Elle a d'excellents résulta dans toutes les matières, et particulièrement en cours de danse et cours de maintient. Mais elle mérite un MLC de diamant, car elle détient le record de la plus fine taille de l'école avec seulement 41centimètres.

Il y eu des applaudissements. Mademoiselle Florence continua.

- En deuxième positions ex √¶quo, mesdemoiselles Coralie, Claudia et Evelyne, avec 44cm de tour de taille. Un grand bravo pour Mademoiselle Sophie, véritablement "Merveilleuses Lady Corsetées".

De nouveau des applaudissements émerveillés, et étrangement étouffés, par les gants que portaient toutes les spectatrices.

C'est seulement maintenant que je remarquais l'absence totale des hommes. Pas un seul dans la salle. Un sentiment étrange me submergeait, j'étais le seul homme dans le domaine, même aujourd'hui, le seul, quoique... Corsetée, portant une crinoline au grand décolleté, parfumée et maquillée... Je devais bien le reconnaître, il n'y avait pas un seul homme ici... pas un seul...

Gwendoline descendit les escaliers, merveilleusement belle, la taille si fine, le buste raide, elle portait sûrement un de ces corset très long et très rigide que lui imposait Delphine, notre corsetière, notre jolie bourreaux.

Elle aussi reçus la distinction des MLC.

Ma chérie, ma douce Solange descendit à son tours, toute en délicatesse, élégance discrète et douceur. Sa robe simple, mais portée avec une telle distinction la fit remarquer de toute l'assistance. J'étais le dernier... La dernière. Mademoiselle Florence se tourna vers moi, elle me regarda intensément avec un sourire inquiétant.

Et elle dit bien fort.

- Mademoiselle ROSE !

Je... je ne...

 

A suivre...

 

 

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(Histoire parallèle) Souvenir de Sophie, Livre 3, Chapitre V
 
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