SOUVENIRS DE SOPHIE

 

 

Par Fred Pody.

 

 

 

 

 

 

II

Journée initiatique à Chantilly

 

J'avais passé cette première nuit dans un ancien refuge de chasse isolé, dans le parc. Ma tante m'avait refusé l'entrée du petit château sous prétexte que je n'étais pas prête ni suffisamment présentable.

C'est bien après neuf heure qu'une servante du château m'apporta le petit déjeuner. J'étais affamée et le petit déjeuner très raffiné était malheureusement bien léger. Flore, la servante me dit que Madame viendrait me chercher dans une heure.

J'avais depuis longtemps fait ma toilette et habillée avec les seuls vêtements que j'avais pus emporter de Mende. Le déjeuner était tellement léger qu'il fut vite expédié et l'attente fut d'autant plus longue, attisée par ma curiosité de découvrir mon nouvel univers...

Trois femmes s'approchaient, en robe de dentelle blanche, très étroites et s'évasant depuis les mollets, fessant une petite traîne, elles étaient vraiment élégantes avec de grands chapeaux blancs tout en dentelles, trois silhouettes longilignes, à la taille mince s'approchaient lentement...

Ma tante me présenta.

- Mesdames, je vous présente Sophie, qui je l'espère ne me décevra pas. Sophie je te présente mes deux associées, Miss Delphine notre corsetière, et Miss Caroline notre styliste. Je te montrerais ta chambre dans le château, cet après midi, mais avant, tu dois passer par une initiation. Rassure-toi, rien de très difficile, mais tu devras faire un choix définitif qui sera d'une grande importance pour ton avenir.

- Suis-nous!

Je les suivais dans le parc durant presque un quart d'heure, elles avançaient très lentement à tout petits pas, et elles s'arrêtaient parfois quelques instants.

Dans un petit bois, une clairière isolée et calme, au centre un cercle de colonnes, et au milieu de ce cercle, une grande dalle de pierre sur là quel était monté un bûcher prêt à être enflammé.

Florence, ma tante, pris la parole d'une manière un peu trop solennelle.

- Sophie, si tu désire vivre avec nous, tu devras te plier aux règles de notre petite société, qui promet la recherche de l'élégance, la culture de la silhouette et du maintient. Tu devras toujours être parfaitement habillée suivant les cannons de beauté de notre société, être parfaitement propre, parfumée, coiffée, et maquillée. Respecter les règles de maintient et de bienséance, être à chaque instant gracieuse, féminine à l'extrême, toujours parfaitement élégante. Tous cela devra être scrupuleusement respecté, quel qu'en soi les difficultés ou la gène, ou même les souffrances.

Si tu accepte, nous t'aiderons à devenir la plus élégante et la plus attirante des femmes dans les soirées et les bals de Paris.

- Sophie: accepte-tu notre aide?

- Oui ma tante. Dis-je timidement.

Mais pourquoi accepter si facilement ce que j'avais toujours refusé à ma mère! Peu être parce que ma mère avait toujours critiquée l'élégance "tapageuse" et trop à la dernière mode, de ma tante.

- Bien. Dit Florence. Pour marquer ton adhésion et l'abandon de ta vie ancienne, tu vas te déshabiller complètement et mettre tes vieux vêtements sur le bûcher!

- Ho ma tante, je ne peux pas me mettre nue en pleine nature et devant vous trois.

- Ne craint rien, ma chérie, toutes les trois, on te verra nue très souvent, et surtout Delphine, à chaque fois qu'elle t'aidera à t'habiller, et cette clairière est parfaitement isolée.

- Mais je ne peux pas rester nue.

- Quand tes vêtements seront brûlés, je te donnerais une longue chemise blanche qui descendra jusqu'à tes pieds.

- Mais devant vous, ...

- Ne soi pas timide, nous allons vivre ensemble dans une grande intimité. Toutes les trois, nous serons beaucoup plus que des amies pour toi, nous sommes comme trois marraines très intimes et rien de ce que tu veux garder secret ne sortira de notre petit cercle. Considère-nous comme trois soeurs et confidentes. Ce petit rituel nous liera comme les doits de la main, nous te devrons aide et assistance, tu pourras nous confier tes secrets et tes problèmes les plus intimes, en toute sécurité, et nous te promettons de faire tout ce qui est possible pour te venir en aide. C'est un pacte sacré que l'on te propose.

- J'accepte. J'avais dit cela en les regardant droit dans les yeux, et elles m'avaient souris avec une infinie gentillesse.

Florence intervint encore.

- Avant d'accepter définitivement, sache que la formation que tu suivras sera très dure et parfois vraiment pénible. Tu subiras de nombreuses épreuves et parfois des punitions, mais toujours avec le but final de faire de toi une femme suprêmement élégante et raffinée. Accepte-tu?

- Oui ma tante. Oui mes marraines. Oui j'accepte que vous me preniez en mains et d'être transformée en une femme la plus élégante et sophistiquée qui soit.

Je m'approchais du bûcher. Lentement un à un mes vieux vêtements étaient jetés sur le sommet du bûcher. J'hésitais à lancer ma dernière chemise qui me couvrait la poitrine, et hésitait encore plus longtemps avec mon pantalon de coton, je serais entièrement nue... je finis par le retirer rapidement comme on se jette à l'eau.

Caroline me tendit une torche allumée. Je regardais pour la dernière fois mes vieux vêtements... ensuite, je... je me retournais et regardais mes trois marraines. Elles me regardaient avec douceurs, et manifestement ne voulait pas me forcer la main. Le feu allait me faire basculer dans un monde nouveau. Mon geste fut hésitant puis... ma décision prise quoi qu'il m'en coûte-je mis le feu au bûcher. La paille sous les fagots fit brutalement une grande flamme et le feu devint très vite intense on du se reculer tan la chaleur était forte.

Ma robe, mes sous-vêtements mes chaussures toutes mes affaires disparues dans les flammes. C'était un choc de voir disparaître aussi vite et violemment ma vie passée. Mes trois marraines c'étaient rapprochées et me consolait par de douces paroles et une chaude présence. Maintenant, je sentais vraiment contre mon corps, mon coeur, leurs présences réconfortantes, maintenant j'avais quitté mon enfance pleine de fureur et de révolte, j'étais avec elles, je les avais rencontrées, on se comprenait sans devoir parler, seulement en se regardant, en se touchant.

Elles me vêtirent de la longue chemise blanche qui me couvrait entièrement du cou aux pieds.

Ont partit tous les quatre se tenant par la main en nous dirigeant vers le château. La douceur de ce matin de septembre, le calme du petit bois, et le lent cheminement qui nous rapprochait sereinement du château. Quelle sérénité...

- Ma toute douce. Me dit Caroline. Nous venons de passer un moment merveilleux, j'espère sincèrement que cette journée te fera découvrir d'autres moments agréables, mais je dois te prévenir que certaines contraintes te seront imposées. Les mêmes contraintes que nous subissons et qui sont le prix à payer, un prix qui peut être léger et agréable, à condition de s'avoir apprécier certaines choses qui pourraient à priori sembler pénibles.

- J'espère. Me dit Delphine. Que tu aimeras la sensation d'être bien serrée et maintenue dans un corset. Certaines ne peuvent le supporter, et seul quelques-unes y trouvent un réel plaisir et même une excitation délicieuse de se serrer de plus en plus. Tu peux compter sur moi pour t'aider à aimer le port du corset. Je t'assure que cela est vraiment merveilleux, à condition de suivre certaines règles.

- Ne craint rien. Me dit ma tante. Si certains moments seront un peu pénibles, le résulta en vaut vraiment la peine, et nous seront toujours là pour t'aider à passer un mauvais cap, nous ne voulons pas te torturer mais te transformer en une délicieuse jeune femme.

Coté jardin du château, il y avait un double escalier d'apparat menant à une grande terrasse. A ma surprise, mes marraines me conduisirent sur le coté de la terrasse. Une petite porte en contre bas donnait sur un couloir étroit. Des portes à gauche et à droite, on pris un escalier en face, ma tante devant, Delphine et Caroline me suivaient. Un palier avec d'autres portes et encore un escalier, mais à cet instant, Florence s'arrêta, Delphine et Caroline semblaient à bout de souffle. Quand Florence se tourna vers moi, je vis sa poitrine se soulever à un rythme rapide, elle aussi était à bout de souffle. Leurs respirations me semblaient bizarres, leurs bustes ne se gonflaient pas et restaient rigides, seul le haut de leurs poitrines se soulevaient.

Quelques minutes plus tard, on repartit, mais encore plus lentement pour s'arrêter de nouveau à un mètre avant d'arriver à l'étage. La pose fut longue. Enfin on repris la montée, quelques mètres dans un couloir, et on entra dans une pièce. Mes trois marraines me semblaient vraiment à bout de souffle, chacune se reposant en s'appuyant, l'une contre un meuble, l'autre contre la porte et ma tante, dos contre le mur, me fessant face. Elle me dit:

- Tu comprendras bientôt pourquoi ont est si vite essoufflées, Delphine t'expliqueras, rassure-toi, rien de grave, une chose normale dans notre situation, qu'il faut savoir accepter.

Nous sommes dans la salle d'habillage que tu utiliseras, il y en a plusieurs dans le château, une salle pour plusieurs chambres, mais celle ci ne sert que pour deux chambres et la deuxième est inoccupée en ce moment.

- Nous allons te préparer et t'habiller suivant les règles de notre société. Me dit Delphine.

Dans cette pièce sans fenêtre, un mur était recouvert de miroirs, les deux murs de chaque coté du grand miroir étaient cachés par de grandes penderies et armoires à tiroirs, une grande table allongée disposée dans un coin et dans l'autre coin une coiffeuse sans miroir avec un fauteuil de coiffeur placé devant, quelques sièges, plusieurs psychés et des mannequins sur des pieds tournés, prés d'une armoire, un porte-cintre monté sur roulette. Bien que très encombrée, la salle étant assez grande, il restait un grand espace entre la longue table et la double porte du couloir.

- Ta chambre est là me dit Caroline en me montrant une double porte. Et cette double porte au milieu donne sur le grand couloir.

Il y avait trois doubles portes, et une porte simple par ou ont étaient arrivées.

- Approche! Me dit Caroline. Nous allons te préparer. Ici, certaines règles minimums concernant l'habillement doivent être respectées, même quand tu seras seul dans ta chambre.

- Ces premiers jours. Continua Florence. Tu seras autorisée de ne porter que tes sous-vêtements, mais tu devras être maquillée et parfaitement coiffée. Bien sur, sans porter de robe, il t'est interdit de sortir de la chambre. Bien! Enlève cette chemise. Si tu le désire, tu peux la garder en souvenir de cette journée, mais tu ne la porteras probablement plus jamais.

De nouveau, entièrement nue, mais cette fois, plus à l'aise dans cette pièce fermée et devant mes trois marraines, mes amies de coeur.

Carole me fit enfiler une chemise de dessous, bien galbée sur le corps, avec un grand décolleté bouillonnant de dentelles blanches, et laissant le haut de la poitrine découvert. Cette chemise s'arrêtait sous les aisselles. Elle était retenue par deux bretelles brodées avec de la dentelle. Le bas de la chemise, également richement orné de dentelles. Autant le haut et le bas étaient denses de multiple petits volants de dentelles, autant le milieu de la chemise couvrant le buste était simple, fait d'un coton épais bien que très doux sur ma peau.

Ensuite un pantalon de dame fendu, largement fendu loin devant et loin derrière, le haut couvrant mes hanches sans fioritures, bien tendu sur mes fesses. Mais plus bas, sur mes cuisses, une débauche de volants et de dentelles, tous ces volants me fessaient des hanches très amples et toutes gainées d'une mousse légère de dentelle. Ce pantalon se serrait en haut avec un fin ruban et il se fermait également au genoux par un très beau et large ruban de soie rose fermé par un joli noeud sur le coté.

- Tu es très belle, me dit Florence. Ces merveilleux dessous te change complètement. Tu comprends pourquoi je ne voulais pas que l'on te voie affublée des horribles vêtements que tu as brûlés ce matin.

- Vraiment adorable. Dit Delphine. Maintenant, l'accessoire indispensable, celui que nous avons toutes désirées et craint en même temps, celui que tu ne devras plus jamais quitter. LE CORSET

- Un corset! Je dois vraiment porter un corset? S'il te plaît ma tante, j'aimerais mieux ne pas porter de corset.

- Allons Sophie, je t'assure que le corset te fera le plus grand bien et regarde nous, regarde comme le corset nous donne des silhouettes merveilleuses. Tous nos corsets sont fabriqués sur mesure dans les ateliers de Delphine. Ils sont très confortables. On est tellement mieux quand ont est bien serrée dans un corset. Je suis sûre que tu adoreras sa douceur mêlée de fermeté. Le soutient qu'il te donnera et cette sensation merveilleuse quand ont le serre, qu'il nous pétrit plus fort et nous rend suavement faible... Seul un corset bien serré permet d'avoir la taille aussi fine et minuscule, lui seul nous donne cette silhouette ahurissante. Tu verras comment les hommes nous regardent et les regards envieux et admiratifs des femmes.

- Mais cela n'est-il pas parfois douloureux? Demandais-je.

- Mais non. Dit Delphine. Bien sur au début, il y a quelques moments un peu pénibles, mais ensuite, on ne peut plus s'en passer. Tu verras, après une période d'entraînement, ou tu apprendras à aimer le serrage du corset et à t'habituer à être continuellement bien serrée, tu nous demanderas des corsets encore plus étroits, de te serrer encore plus pour avoir la taille encore plus fine, plus étranglée et plus attirante.

- Ho Delphine, tu me fais peur. Je ne suis pas sûre d'aimer me serrer à ce point. Pourtant... vous êtes toutes les trois tellement belles, vos silhouettes incroyables me font envie, j'aimerais essayer, mais je n'ose pas... Florence, si j'essaye de porter un corset, pourrais-je abandonner si je ne le supporte pas?

- Nous t'avons bien observées, et je suis certaine que tu adoreras te serrer la taille. Mais il voudrait mieux pour nous toutes que tu réussisses à le porter très serré, sans cela, tu ne pourrais pas porter la robe que l'ont prépare pour toi et je ne pourrais pas te présenter dans notre société. Cela implique que tu serais obligée de quitter le château. Et le contra que j'ai passé avec ta mère m'obligerait de t'envoyer dans un couvent jusqu'à ta majorité. Je t'en prie, ma tendre Sophie, même si c'est un peu difficile, porte ce corset, j'ai vraiment les bonnes soeurs en horreur, quel gâchis ce serait.

- Je te promets de faire tout mon possible. Disais-je un peu naïvement.

Pendant que Delphine déballait délicatement mon futur corset, je regardais plus attentivement la silhouette vraiment ahurissante de ma tante. La robe qu'elle portait, mettait sa taille de guêpe en valeur, une taille incroyablement minuscule, une taille qu'elle avait cachée durant la signature chez le notaire et pendant tout le voyage. C'était impressionnant, elle était comme coupée en deux, ces hanches paraissant plus amples par contraste et sa poitrine lourde au-dessus d'une taille aussi fragile, délicate, mince, tellement mince, tellement fine... Un rêve de délicatesse. Je ne pouvais m'empêcher de tâter ma propre taille encore libre de toute entrave. Voyant cela, Florence me prit par les poignets et me fit tâter sa taille minuscule, elle était rigide et dure, mais surtout cela me fit un effet extraordinaire, comme un grand frisson dans le dos, en m'apercevant que je pouvais entourer sa taille complètement dans mes mains, mes pouces et mes index se touchant. Cela me paraissait impossible, je ne pouvais m'empêcher de la tenir ainsi dans mes mains, la caressant, sentant la chaleur de son ventre sous le terrible corset.

- oui. Me dit-elle. Il y a longtemps que je m'entraîne à réduire ma taille, elle est plus fine que mes cuisses. Tu verras, toi aussi tu vivras cette exaltation de voir ta taille se réduire petit à petit. Un mélange d'excitation et de sensations délicieuses, avec aussi quelques souffrances et de nombreuses contraintes.

- Mais, quel tour de taille a-tu? C'est ahurissant une pareille silhouette!

- En ce moment, je ne fais plus que trente huit centimètres, mais habituellement je ne me serre qu'à quarante et un centimètres. Je me suis serrée comme pour une réception, pour te faire honneur. Caroline également s'est serrée au maximum pour toi. Elle fait quarante centimètres de tour de taille. Mais aujourd'hui, Sophie n'a pas voulu se serrer aussi fortement. Elle doit garder des forces pour qu'elle puisse te lacer bien serrée.

- Je ne savais pas qu'il était possible de descendre en dessous de quarante centimètres, aucune de mes soeurs ne fait moins de cinquante huit centimètres. Seul Miriam, une fille des amis de mes parents c'est ventée de ne faire que quarante huit centimètres. Mais je suis certaine qu'elle m'a mentit, même si elle est très mince, plus mince et plus petite que moi.

- Je suis certaine. Me dit Florence. Que tu auras bientôt une taille plus fine que cette fille.

- Mais toi Delphine, quel est ton tour de taille? Tu me semble presque aussi fine que ma tante?

- Elle te l'a dit. Je n'ai pas voulu me serrer au maximum. Si non, nous avons le même tour de taille, trente huit centimètres, corsetée au maximum.

- Mais. Demandais-je. Comment pouvez vous supporter des corsets aussi étroits? Ils doivent être horriblement serrés, je mourrais sûrement étouffée si je me laçais ainsi!

Ma tante m'expliqua:

- Il m'a fallut plus de quatre ans d'entraînement intensif pour arriver à ce résulta, et je portais des corsets depuis l'âge de dix ans. Mais seul un entraînement intensif et permanent peut donner de tel résulta. Un entraînement souvent très dur et toujours contraignant, scientifiquement mené, et sans jamais de relâchement. C'est le seul moyen, mais quel bonheur quand on se voit dans le miroir, et puis le laçage extrême du corset te donnera aussi des sensations délicieuses. Tu te sentiras soutenue, pétrie, massée, et également après s'être resserrée encore plus, tu goutteras au merveilleux vertige, comme après une boisson trop forte. Il te faudra alors, chancelante, t'asseoir si tu le peux ou t'étendre, et le soutient de ton corset te sera alors vraiment indispensable.

 

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