SOUVENIRS DE SOPHIE

 

 

Par Fred Pody.

 

 

 

 

 

 

III

Le corset

 

 

Je rêvais de silhouettes merveilleuses, incroyablement fines, d'une corsetière émerveillée par ma taille de guêpe, d'une soirée ou toutes les femmes seraient jalouses et admiratives devant ma silhouette étranglée, la plus fine... la plus...

Mais pour cela, il me faut suivre ce terrible entraînement. Le supporterais-je? Bien sur, il me faudra faire beaucoup d'efforts pour obtenir cette silhouette. Je suis prête à subir cette épreuve. Mais ce qui m'angoisse vraiment: Est-ce que j'aimerais la sensation d'être serrée dans un corset rigide?

C'est Delphine qui me sorti de ma rêverie.

- J'ai choisi. Dit-elle. Pour ton premier corset, un modèle assez court, pas trop étranglé à la taille, et très confortable.

Delphine me montrait le corset. Il était de soie rose, un peu vive, brillant, avec des broderies soulignant le léger renflement fait par les baleines épaisses. Des baleines qui me semblaient très nombreuses et fort larges. Le busc devant particulièrement large, épais. Il devait être vraiment très rigide. Ce busc était d'ailleurs incurvé, creusant le ventre.

Florence se tenait derrière moi et tendait ma chemise de sorte qu'elle ne fasse pas de plis sur mon ventre, pendant que Delphine avait fixé la deuxième agrafe du busc. Elle me dit de rentrer le ventre, et se servant de cette deuxième agrafe comme d'un pivot, elle rapprocha les deux bords du busc et attachât toutes les autres agrafes du busc.

Le corset était largement délacé, et pourtant, le busc particulièrement rigide me faisait rentrer le ventre de force, et me comprimait déjà l'estomac.

Ce premier corset n'était pas très long, partant de dessous ma poitrine et s'arrêtant sur le haut de mes hanches, mais comme il est rigide et étranglé au niveau de la taille.

Il était équipé de quatre jarretelles. Je n'avais pas encore de bas, mais avec mon pantalon de dentelle, je ne voyais pas comment les utiliser sans écraser ces délicates dentelles. Caroline devina sûrement ma perplexité. Elle me dit.

- Tu verras ma tendre chérie. J'ai créé ces sous-vêtements avec quelques modifications. Il y a dans le pantalon de dentelle, des passants qui te permettront d'attacher tes bas sous le pantalon sans le froisser. Ce n'est peut être pas très traditionnel, mais tellement plus élégant.

- Tourne-toi! Me dit Delphine.

Et je fit face à Florence qui me tenait contre elle et me soutenait, pendant que Delphine entreprit de serrer les lacets. Elle tirait sur les croisillons formés par les lacets, en partant du haut vers la taille et ensuite du bas, toujours en finissant par la taille, et encore... et encore... Elle recommençait me serrant à chaque fois un peu plus. Le corset devenait plus rigide à mesure qu'il me serrait plus fort. Ma respiration avait changée, limitée par le corset, plus courte, déjà un peu haletante...

- Aujourd'hui, je ne vais pas trop te serrer. Me dit Delphine. Je pense qu'il est préférable que tu t'habitue à être corsetée durant quelques jours, avant de vraiment commencer ton entraînement. Souffle bien à fond et retiens ta respiration!

Et lui obéissant, je soufflais à fond, vidant mes poumons et creusant mon ventre.

- Hooo!

Delphine venait d'exercer une formidable traction sur mes lacets.

- Hoo!!

Le corset se réduisit brutalement...

- Ho!!! comme tu me serre...

Je voulus reprendre mon souffle pour terminer ma plainte, mais le corset était maintenant trop serré pour me le permettre.

- Ho! ... Delphine... pas autant...

- Voila! Dit Delphine. Cela suffit pour une première fois.

- Mais, ça me serre vraiment très fort.

Ma tante me soutenait par les bras et m'emmena vers le canapé.

- Assied toi. Me dit-elle. Doucement.

J'essayais de me baisser pour m'asseoir, je me sentais faible, mon corset trop serré et vraiment très rigide me bridait terriblement.

- Ho... Florence, aide-moi, je ne peux plus me baisser, je sens que je vais m'écrouler.

- Caroline! ... Vite! ... Vient m'aider à la faire asseoir.

Et Florence à ma droite, Caroline de l'autre coté, elles me soutenaient pour que je puisse m'asseoir doucement, le buste raide. Ce corset me bridait beaucoup plus que je n'avais pu imaginer. Enfin assise, il me semblait qu'il serrait les hanches encore plus et me remontait les côtes, m'étouffant d'avantage. Elles me lâchèrent. Je ne pus me retenir de basculer en arrière, contre le dossier.

- Ho... Je ne peux plus me redresser. Florence, Caroline, dites à Delphine de me desserrer un peu, je ne pourrais pas me lever seul de ce fauteuil. Je me sens comme paralysée, et je peux à peine respirer.

Florence me répondit:

- Ici, les jeunes filles qui portent des corsets serrés au point que certains mouvements leurs sont devenus impossibles, que toutes activités physiques sont interdites par leurs corsets, ont droit à des aides. Des jeunes filles de compagnies sont à leur service, et exécutent toutes les actions que les belles corsetées ne peuvent plus faire-elles mêmes. Elles sont en permanences à leurs cotés, pour les aider à se déplacer ou, les soutenir en cas de malaise. Quand tu porteras un corset beaucoup plus contraignant et particulièrement serré, une robe encombrante, difficile à porter, lourde, chaude et étouffante, avec la taille comprimée au maximum, et une coiffure haute, volumineuse, des chaussures à très hauts talons. Alors, bien sûr, tu auras plusieurs de ces jeunes filles à ton service. Sans elles, il te serait impossible de te déplacer.

Delphine et Florence c'étaient assises à coté de moi, m'entourant tendrement, Delphine me faisait un peu d'air avec un éventail de nacre et soie brodée. Caroline assise en face de moi me demanda:

- Sophie ma tendre chérie, comment te sens-tu avec ton corset, tu aime cette sensation d'être bien tenue, cette merveilleuse compression... dit moi ma chérie?

- Je ne sais pas... je me sens... le souffle court et le ventre dur, très comprimé... mon estomac est remonté et j'ai l'impression que mes fesses ont été gonflées, ainsi que ma poitrine. C'est comme si une grande main puissante m'avait pétrie, modelée comme de la glaise me réduisant ici et me fessant gonfler là... et là également. Ce n'est pas désagréable. J'aime cette sensation d'être soutenue et modelée, transformée. Je ne suis plus maître de mon corps. C'est bizarre la sensation de ce corset m'imposant une nouvelle silhouette, une posture, un maintien que je ne peux plus contrôler moi-même. C'est reposant de savoir que le corset est seul responsable de ma nouvelle apparence, de mon maintien et de mon tour de taille. Mais c'est un maître très dur et raide. Bon sang, ce qu'il me serre et m'étouffe.

- Tu te sens mieux? Me demanda Delphine.

- Je suis... pas trop mal, à condition de ne pas bouger.

- Ne lute pas contre ton corset. Me dit Delphine. Laisse le te modeler et t'imposer une attitude. Laisse le te tenir bien droite. Si tu te repose sur lui au lieu de luter contre ton corset, tu le supporteras plus facilement et tu apprendras petit à petit à apprécier la compression de ta taille, la fermeté de son soutient. Je dois t'avouer que je ne pourrais plus me passer de mon corset, tellement je me sens délicieusement bien quand il me pétrit fermement et me tient bien droite. Quelle joie de voir la silhouette qu'il me donne, les regards admiratifs et jaloux des autres femmes et les coups d'oeil intéressés des hommes.

- Vous me donnez vraiment envie de poursuivre cette expérience du corset très serré. Je le désire, mais je le redoute encore plus. Je me sens tellement bridée et comprimée, et pourtant tellement loin de vos merveilleuses silhouettes. Vos tailles minuscules et fragiles m'impressionnent beaucoup. Elles sont tellement étranglées.

- Nous adorons toutes la silhouette extraordinaire que le corset serré à l'extrême nous donne. Dit Florence. Mais aussi, quelle volupté de s'abandonner à sa puissance, non seulement, il nous impose un maintient de reine, une taille minuscule, mais de plus, le corset nous procure une excitation délicieuse et étrange, en nous pétrissant, nous modelant et nous massant continuellement. Le corset fortement lacé me rend belle et désirable presque contre ma volonté. Il est devenu mon maître. C'est lui qui m'oblige à présenter une poitrine voluptueusement gonflée, c'est le corset qui me force à me cambrer et montrer mes fesses, et lui bien sur qui m'a réduit la taille à une dimension minuscule, une taille tellement fine et fragile que toutes veulent l'étreindre dans leurs mains. Et... c'est le corset... qui... m'excite tellement quand on serre les lacets, qu'il comprime mon ventre... et plus bas aussi... Sait-tu. Me dit Florence tout prés de moi. Sait-tu... qu'il m'est arrivée... de jouir pendant qu'on me laçait. Alors... je demandais de l'aide pour être lacée encore plus serrée, être plus comprimée, limiter encore plus ma respiration. Cette jouissance montait d'autant plus que j'étouffais dans mon corset, qu'il me pétrissait plus fortement, me broyait la taille et comprimait mon sexe. Le busc recourbé entre les jambes pressait terriblement mon clitoris et m'envoyait des ondes de plaisir d'autant plus intenses que mon corset me serrait davantage. Ma confidente me serra, jusqu'à ce que je tombe faible, presque asphyxiée, des vertiges me soûlaient et me faisaient chanceler. Elle dût me soutenir et m'étendre sur le tapis de fourrure posé sur le sol. Me tenir debout était devenu impossible, je n'aurais pu m'asseoir seul, et sans son aide je serais tombée comme une masse. Ce n'est qu'une heure plus tard que je pus reprendre mes esprits, et un peu de souffle. Bien sûr, elle ne m'avait pas desserré mon corset d'un millimètre, et aussi durement corsetée, il m'était impossible de me lever sans son aide.

- Tu me trouble. Lui dit-je. Je t'envie d'être aussi intime avec ta confidente. Je ne sais pas si j'oserais demander que l'on me serre plus fort pour... Ca me semble impossible. Tu me fais marcher. C'est presque... votre corset, c'est comme si vous étiez... amants.

Florence ne répondit pas. Elle se levât avec difficulté, le buste rigide. Comme elle était mince, comme j'aimerais avoir son tour de taille.

- Nous allons te laisser seul avec Delphine, Dans quelques jours, je te présenterais une jeune fille. Si tu le veux bien, elle pourra devenir ta confidente et t'aidera pour tous les petits détails quotidiens.

Et Florence, suivie de Caroline, sortirent de la salle d'habillage. Delphine se levât, elle aussi avec les mêmes difficultés que ma tante. J'aimais la voir se déplacer. Le bruissement soyeux de ces jupons, sa silhouette délicate avec sa taille minuscule. Elle s'avança lentement avec une grâce merveilleuse et souple malgré la raideur de son buste, qui peut être par contraste avec sa longue robe fluide, ces longs cheveux léger, la rendait encore plus attirante, d'une beauté étrange et envoûtante. Elle s'approcha d'un cordon de sonnette et le tira.

- J'ai appelé pour que l'ont nous servent le déjeuner dans ta chambre. Il est déjà tard et tu dois avoir faim.

- Merci Delphine. Peux-tu m'aider, je ne me sens pas capable de me lever seul de ce fauteuil.

Mon corset me poussait en arrière, contre le dossier du fauteuil et je ne pouvais plus me pencher en avant pour me lever. Bien que mon corset n'était pas très long, il me bloquait tous mouvements de la taille.

Delphine vient à mon secours et me prenant les mains, elle me tira de ce fauteuil. Pendant ce mouvement, les baleines de devant et le busc, m'avaient enfoncés l'estomac et m'avaient obligée par leurs pressions, à me redresser aussitôt. Debout, je ne pouvais que me tenir bien droite, pas question de me pencher en avant ou sur le coté. Le fort baleinage de mon corset et son serrage me l'interdisait.

- Evite. Me dit Delphine. De t'asseoir dans des fauteuils bas et profonds, si tu ne veux pas que le corset t'empêche de te lever. Il vaut mieux s'asseoir sur des chaises hautes et seulement sur le bord. Ainsi tu pourras te lever sans forcer sur les baleines de ton corset, uniquement en fléchissant les jambes et en te levant bien droite, sans te pencher.

Pour le déjeuner, j'avais enfilé par-dessus mon corset une robe de chambre très longue, toute brodée et assez transparente, fermée par un cordon de soie à la taille. Je me sentais déshabillée, malgré ma chemise, mon pantalon de dentelle et le corset qui me serrait. J'avais très faim et le déjeuner me semblait peu copieux. Pourtant après quelques bouchées, je ne pouvais plus rien avaler, bien que j'aie encore faim. J'avais l'impression d'être gonflée, comme après de gros excès de table. Mon estomac comprimé était déjà rempli avec si peu. Sophie qui n'avait presque rien mangé, m'expliqua:

- Tu expérimente un des multiples effets des corsets très serrés. Ils t'obligent à suivre un régime en limitant les quantités de nourriture que tu peux avaler, et permettent ainsi sans effort de ne pas grossir. Mais je te conseil de te forcer à manger le maximum, et le plus souvent possible. Tu te sentiras en permanence le ventre plein et artificiellement rassasié sans que tu puisses prendre trop de poids. Le fait d'avoir quelque chose dans l'estomac et d'être très fortement lacée, permet également à tes organes internes de se déplacer, sans être écrasés. Ainsi avec un long entraînement, ta taille pourra diminuer, tes fesses et ton buste seront gonflés au maximum.

- Mais Sophie, l'estomac vide, je pouvais à peine bouger et ma respiration était déjà très limitée. Si je mange autant, ce sera pire. Je ne pourrais pas le supporter.

- Mais si, rassure-toi. Bien sûr au début, ce sera particulièrement éprouvant. Nous sommes toutes passées par ces épreuves. Je suis certaine que tu réussiras, et je te promets de tout faire pour que tu réussisses. Je serais près de toi en permanence. Les deux premières semaines seront particulièrement pénibles et même très durs. Attend toi à quelques souffrances, mais ensuite tu te sentiras de mieux en mieux et alors tu pourras vraiment apprécier la compression du corset et sa rigidité qui te donnera la véritable silhouette d'une "Merveilleuse Lady Corsetée".

- Tout cela me fait un peu peur, et je me demande si j'ai bien fait d'accepter l'entraînement du corset. J'aurais peux être pus devenir une grande dame sans devoir me torturer autant.

- Tu es très jolie Sophie, bien sûr tu aurais pu devenir une grande dame dans Paris. Mais sans l'aide de tes parents, tu n'aurais pas eu accès à certain cercle plus ou moins élégant, et avec les idées de ta mère, tu ne serais qu'une jeune provinciale un peu terne. Ta tante te permettra d'être une jeune lady à la beauté exceptionnelle, avec une allure époustouflante, te permettant de côtoyer la société la plus huppée, la plus élégante et la plus cultivée. Voila le choix, un plat fade et sans saveur ou, un délice exceptionnel, même s'il est un peu pimenté.

- Sophie, je t'admire et si j'ai encore quelque crainte, je veux devenir cette "Merveilleuse Lady Corsetée", je veux me réduire la taille autant que la tienne, même si cela doit parfois être pénible, même si mon corset m'interdit de bouger, si je dois manger comme un oiseau. J'aimerais ressentir ce vertige que ma décrite Florence, quand elle se serre au-delà du raisonnable.

- Je te le ferais ressentir, ma douce Sophie. Je te le promets. Dans un mois, quand tu seras plus habituée à porter un corset. Je te ferais connaître ce vertige et cette jouissance par le laçage extrême de ton corset.

Le soir, quand le parc fut désert, Delphine me couvris d'une longue cape par-dessus mes quelques vêtements, c'est à dire par-dessus mon pantalon de dentelle, ma chemise, mes jupons et mon corset. Elle m'entraîna dans une agréable promenade. Ce parc m'attirait beaucoup et la nuit, il était calme et mystérieuse. Mais on ne put se promener très longtemps. Je n'étais pas du tout habituée de porter un corset aussi serré, et je fus très vite essoufflée. De plus, mon ventre me fessait mal, comme une barre douloureuse me traversant les entrailles.

- Ce sont tes muscles qui se tétanisent à force d'être immobilisés et probablement ta digestion qui doit être difficile. Moi aussi, avec mon premier corset, j'ai eu quelques difficultés qui se sont estompées petit à petit. Rentrons, la journée a dû être fatigante pour toi.

J'étais épuisée par cette journée, et le lit me tendait les bras. Enfin j'allais pouvoir souffler un peu, me reposer et me libérer de ce corset.

- Delphine, veux-tu m'aider à délacer mon corset.

- Mais Sophie, tu n'as pas compris! Ici ont doit être corsetées en permanence. La nuit également bien sûr. Tu peux enlever tes jupons, mais certainement pas ton corset.

- Bonne nuit Sophie...

 

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