SOUVENIRS DE SOPHIE

 

 

Par Fred Pody.

 

 

 

 

 

 

IV

Lendemain pénible

 

 

Quelle sensation bizarre de passer la nuit en corset. Je n'avais jamais imaginé qu'une femme pouvait dormir sans enlever son corset, surtout que le mien était très serré. Il m'avait fallu beaucoup de volonté pour ne pas me délacer, mais je voulais absolument prouver à mes trois marraines que j'étais capable d'endurer cette contrainte permanente. Evidement, le corset m'avait empêchée de dormir. Chaque mouvement me rappelait sa présence obsédante. Les bords du corset me pinçaient, mon ventre me fessait mal à force d'être comprimé aussi longtemps. Je sentais comme une barre douloureuse me transpercer et me nouer les entrailles.

Delphine entra dans la chambre. Elle était maquillée comme la veille. Fond de teint blanc, un blanc lumineux comme une porcelaine, la bouche rouge vif et les yeux incroyablement maquillés en bleu, et très agrandis. Une tête de poupée, avec des effets de lumière comme dans une porcelaine translucide.

Je n'osais pas lui demander pourquoi elle se maquillait ainsi.

Delphine vint s'asseoir sur le bord de mon lit. Je pouvais admirer de près, son maquillage étrangement sophistiqué.

Tan pis, je suis trop intriguée par son visage troublant. Il fallait que je lui demande...

- Excuse-moi si je suis indiscrète... Ton maquillage, il est ... très beau, mais un peu étrange. Je n'avais jamais vu une femme maquillée de la sorte... Je n'oserais pas me montrer en publique maquillée comme toi...

Delphine me regardait amusée de mon embarra.

- Je suis désolée... Je ne connais rien de vos habitudes dans cette maison. Explique-moi s'il te plaît.

- Je te comprends. Me dit Delphine. Moi non plus, je n'oserais pas sortir maquillée de la sorte.

- Mais, Delphine, alors...

- Un moment. Me dit-elle en souriant. Il faut que je t'explique depuis le début. Ta tante a mis en place tout un système d'épreuve et de punition. Aucune de ces punitions ne fait appel à la violence, mais plutôt à la contrainte et parfois à l'humiliation ou au contraire, à l'excès dans les habits, la coiffure ou le maquillage. C'est la contrainte d'un maquillage particulièrement voyant et sophistiqué que m'impose ta tante depuis une semaine. Je dois subir cette punition pendant encore trois jours. Mon maquillage est codifié et elle le contrôle plusieurs fois par jour. Il doit être toute la journée impeccable, ce qui m'oblige de me remaquiller très souvent et de me contrôler en permanence. Bien sur, durant cette période, je reste confinée dans le domaine. Je n'oserais jamais me promener en ville, maquillée de la sorte. Tu n'imagine pas la honte la première fois que je me suis présentée maquillée ainsi devant mes élèves. J'avais une telle appréhension, que j'ai donné le cours avec une demi-heure de retard. Mes élèves en ont été tellement surpris, qu'aucun ne m'a posé de question. Ils restaient bouche bée, en me dévisageant...

Delphine s'interrompit, et après m'avoir regardée attentivement, elle me dit.

- Tu me trouve sans doute beaucoup trop maquillée, mais toi tu as une tête épouvantable. Assez parlé de moi, comment te sent-tu? Est-tu resté corsetée depuis hier?

- Je n'ai pas pus dormir de la nuit à cause de mon corset, il me fait mal partout, je suis moulue, mon ventre, il est dur comme du bois et très douloureux. Regarde, sous les bords du corset, j'ai la peau toute fripée et rouge. C'est comme si on me piquait avec des centaines d'aiguilles.

- Bien! Dit Delphine. Voyons les séquelles de cette première nuit en corset.

Delphine s'approcha et regardait minutieusement la peau près du bord du corset.

- Tourne-toi.

Je me retournais lentement, précautionneusement. Chaque mouvement me fessait mal.

- Bravo!! Je te félicite d'avoir gardé ton corset aussi serré. Me dit-elle. Tu n'as même pas desserré les lacets. Rassure-toi, les premiers jours sont toujours pénibles. Une douche et ensuite je vais te masser. Cela te soulagera, mais je te préviens, ton corset te ferra encore mal. Les douleurs s'estomperont avec le temps. Petit à petit cela deviendra moins pénible. Dans un mois, tu serra parfaitement à l'aise dans un corset beaucoup plus serré que celui-ci.

- Vivement que cela arrive. Lui répondais-je. Je suis moulue et je ne suis pas sûr de réussir à garder ce corset encore longtemps.

- Je peux t'aider à passer ce mauvais moment. Des massages avec des crèmes adoucissantes, quelques exercices physiques, une nourriture saine et légère, beaucoup de repos avec les jambes un peu surélevées pour aider la circulation sanguine. Mais également, si tu accepte, je peux faire en sorte que tu ne puisses plus desserrer tes lacets et encore moins enlever ton corset.

Perplexe, je lui demandais.

- Comment peux-tu faire ça? Bien sûr sans aide, je n'aurais jamais assez de volonté pour rester aussi serrée. Jamais je n'arriverais seul à garder mon corset toute la journée et de plus toute la nuit.

- Ho! Il y a deux solutions: dit Delphine. T'attacher les poignets par-devant, pour que tu ne puisses plus atteindre les lacets de ton corset dans le dos. Ou alors, te faire porter une ceinture métallique, fermée par un cadenas ou une serrure... Je sais. Me dit-elle avant que je puisse l'interrompre. Cela semble un peu barbare, mais c'est très efficace. Nous sommes toutes passées par ces deux méthodes. C'est même les seules méthodes qui te permettront de garder ton corset les premiers mois. Sans être attachée, et la taille cadenassée, fatalement, il y aura un moment ou tu craqueras et tu desserreras ton corset, et même pire tu voudras le quitter. Bien sur, avec cette méthode, on a l'impression que le corset te prend et te soutient de force dans son étreinte, mais quand la période la plus douloureuse est passée, tu adoreras sa puissante fermeté, la pression et cette rigidité qui t'imposera une silhouette et un maintien de princesse. Cette méthode est souvent très éprouvante et pénible, mais regarde-moi... n'est ce pas merveilleux d'avoir une taille aussi minuscule, une telle allure. Toutes les filles qui n'ont pu supporter ces épreuves vont terriblement te jalouser, tu les éclipseras toutes. Sait-tu qu'il m'est arrivé d'être amoureuse de ma silhouette. Une silhouette époustouflante quand mon corset avait été serré le plus sévèrement, qu'il m'avait modelée, transformé le corps, lui avait donné des courbes merveilleuses, une taille délicate, mince au point de défaillir. Mes seins remontés très hauts et tellement gonflés qu'ils me donnaient l'impression d'avoir doublé de volume. Ils s'avançaient devant moi comme un promontoire. Je pouvais presque les toucher du menton en baissant la tête, et leurs volumes m'empêchaient de voir mes pieds. Dans le miroir, je pouvais admirer mes fesses largement épanouies sous ma taille minuscule, des fesses rebondies, projetées en arrière. Elles semblaient mendier des caresses. La cambrure imposée par le corset, les présentaient encore plus, les fessaient plus accueillantes, plus provocantes. Comme j'avais envie de les caresser, de plonger mon visage dans leur profonde vallée, douces, voluptueuse...

Ces paroles me fessaient rêver, sans penser une seconde, que je devais me trouver dans un monde bizarre, décalé... Y a t'il en dehors de ce domaine, des femmes aussi obsédées par leur taille, aussi folle de corsets serrés à la dernière extrémité. Moi aussi je devenais une folle de corset. Je glissais dans leurs fantasmes de taille de guêpe. Malgré la gène, et même la douleur due à un corset trop serré, je voulais intensément devenir une "Merveilleuse Lady Corsetée".

 

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