SOUVENIRS DE SOPHIE

 

 

Par Fred Pody.

 

 

 

 

 

 

V

La ceinture

 

 

- Bonjour Sophie.

Delphine venait d'ouvrir les rideaux de la chambre. Sa silhouette se découpait dans la lumière de la fenêtre, elle m'impressionnait toujours autan, la raideur de son buste et l'étroitesse de sa taille me faisait envie.

- Attend. Je vais t'aider à te lever. Me dit-elle en approchant son visage maquillé à l'extrême, aussi blanc que la veille, les yeux très agrandis, de longs faux cils, la bouche rouge vif et les cheveux relevés en un haut chignon.

Cette deuxième nuit corsetée avait été presque aussi pénible que la première.

- Houu!!! Je ne tiendrais plus longtemps aussi serrée. Je crois qu'il faut me délacer un peu. S'il te plaît, laisse moi passer la nuit sans corset, seulement quelques jours, le temps de m'habituer. Je suis tellement fatiguée, c'est la deuxième nuit blanche, je n'arrive pas à dormir avec le corset.

- Allons, Sophie, un peu de courage. Dans une semaine au plus, ton corps sera habitué. C'est juste un mauvais moment à passer.

Suis-moi à la salle de bain. Je vais te délacer pour la toilette.

Ma taille me picotait désagréablement. J'avais imaginé une délivrance en quittant ce corset. La fraîcheur de l'air sur mon ventre était délicieuse, mais ces picotements et ces douleurs, au niveau des bords du corset, venait gâcher ma liberté retrouvée.

Heureusement, le bain me fit le plus grand bien, la chaleur de l'eau... Je me laissais flotter dans la grande baignoire, la tête bien calée, je crois m'être endormie.

Je fus réveillée par un bruit de chariot, quelque chose qui roulait sans souplesse, un bruit venant bizarrement du plafond?

Delphine était près de moi.

- Mais qu'est ce que c'est?

- Nous allons inaugurer une nouvelle installation. Me dit-elle. Tu nous aideras à la mettre au point. Tu seras en quelque sorte notre cobaye

- Au point? Au point de quoi, mais qu'est ce que tu veux faire? .

- Regarde. Me dit Delphine, en pointant le doigt vers le plafond.

- Qu'est ce que c'est que ce machin?

Un rail fixé au plafond sur le quel se déplaçait un mécanisme compliqué, avec des engrenages des câbles, des poulies... Deux câbles descendaient de toute cette mécanique, ils étaient réunis par une barre horizontale, un peu comme un trapèze de cirque. A chaque extrémité de cette barre, était fixé deux larges bracelets de cuir, tout comme ceux qu'utilisaient les trapézistes, pour se suspendre par les poignets.

Delphine actionna une manivelle, au bout d'une longue tige sortant du mécanisme. Le trapèze descendait lentement au-dessus de la baignoire.

- C'est. Me dit Delphine. Destiné à t'aider à te sortir de la baignoire sans te servir de tes muscles abdominaux.

- Quoi! C'est ridicule, je suis parfaitement capable de sortir de mon bain toute seule, sans l'aide de cette machine. Regarde, il ne me faut que quelque...

- Ne bouge pas! Je sais très bien que tu peux sortir seul de ton bain. Aujourd'hui, cela t'est évidement facile, mais dans quelque mois, corsetée vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et tous les jours sans répit, cela deviendra vite pénible et ensuite quasiment impossible.

Tes muscles abdominaux vont devenir de plus en plus faibles à mesure que tu t'habitueras à être corsetée en permanence. Cela fait partie de notre entraînement.

Bien sur, la plus grande part de la réduction de la taille se fait par le déplacement des organes internes sous la pression du corset, et de la perte de graisse par un régime alimentaire stricte.

Mais les muscles participent également à la réduction de la taille, bien qu'à une moindre mesure. A force d'être bloqués et comprimés, ils finissent par diminuer de volume, à s'atrophier, et ainsi tu pourras te réduire la taille de quelques centimètres supplémentaires. Le corset sera un peu plus facile à serrer.

- Mais Delphine, tu te rends compte de ce que tu me dis! Je ne veux pas être handicapée, tu va m'estropier avec cette méthode. Si mes muscles abdominaux vont s'atrophier, je ne pourrais plus me tenir debout sans aide, c'est impossible. On ne peut pas vivre ainsi.

- Ce n'est pas si dramatique que cela. Me dit-elle. Je ne peux plus me tenir debout sans l'aide de mon corset, ni même rester assise sans lui, et je ne m'en plains pas. C'est un choix. La condition pour réussir à vraiment modeler son corps, à le transformer radicalement. Je ne voulais pas d'une silhouette vaguement mince, mais d'une silhouette "taille de guêpe", une taille véritablement minuscule, exceptionnelle. Inaccessible à toutes les femmes qui n'ont pas pu suivre mon entraînement du laçage extrême. Et puis, quand l'entraînement est bien contrôlé, en prenant le temps nécessaire pour que le corps s'habitue, c'est sans danger. Ne craint rien, ta Tante, Caroline et moi, nous avons une grande expérience dans l'entraînement par le corset. Et nous avons toutes les trois modelés notre silhouette de cette manière. Tu peux voir que l'on se porte très bien, à condition d'être toujours fermement corsetée.

La silhouette de Delphine me troublait intensément. C'était fou. J'avais peur des conséquences de cet entraînement délirant, et en même temps, je le désirais de plus en plus. Un désir fiévreux, intense, un désir à couper le souffle.

La vie est un choix permanent. Tan pis si je perdais quelque chose. J'avais terriblement envie d'avoir ma silhouette étranglée comme la sienne.

J'eus vraiment l'impression de me jeter dans le vide. et en fermant les yeux, je m'entendis dire avec une sorte de vertige:

- Delphine, si c'est vraiment nécessaire... Je veux bien... que dois-je faire?

Delphine me dit doucement:

- Glisse tes poignets dans les bracelets, et agrippe-toi.

Delphine actionnait la manivelle, et le trapèze monta lentement, m'entraînant avec lui, de plus en plus haut.

- Ne te retiens pas. Me dit-elle.

Je sortais du bain lentement, tirée par les poignets vers le plafond. Delphine ne s'arrêta de tourner cette manivelle que lorsque mes pieds ne touchaient plus le sol.

Le treuil étant monté sur un rail, Delphine me poussa en dehors de la baignoire, jusqu'au centre de la pièce.

- Je vais te sécher.

Après m'avoir essuyé tout le corps, elle me frictionnait le buste avec une lotion parfumée, et ensuite, me poudra la taille avec du talc.

Elle m'agrafa un corset propre, du même modèle que le précédent, et entrepris de me lacer aussi serré que la veille.

- C'est plus facile de serrer le corset, quant tu es suspendue. La traction sur ton corps, allonge la taille et te fait naturellement rentrer le ventre. De plus, comme tu es en hauteur, cela m'évite de me pencher pour te lacer. N'oublie pas que je porte également un corset, un corset plus long que le tien et beaucoup, beaucoup plus serré. Hier, j'ai failli avoir un malaise en te laçant, parce que je devais me pencher un peu, et forcer sur la raideur des baleines de mon corset.

Elle devait pourtant prendre appuis avec le genou sur mes fesses, pour tirer de toutes ces forces sur les lacets, et je ressentais de nouveaux, la terrible pression du corset rigide, sur mon ventre. Mon estomac remonté, ma respiration de nouveau limitée. D'autant plus limitée, qu'étant suspendue par les poignets, le poids de mon corps m'empêchait de respirer librement par le haut de la poitrine. Et le corset me bloquait maintenant la respiration par le ventre.

- Maintenant que tu es bien lacée, la ceinture. Me dit-elle.

- La ceinture? quelle ceinture...

- Tu le sais parfaitement. La ceinture métallique. On en a discuté hier. Une ceinture cadenassée, pour t'aider à ne pas desserrer ton corset. Si tu veux vraiment devenir une "Merveilleuse Lady Corsetée" tu dois garder ton corset correctement serré en permanence.

Delphine me présentait la ceinture de métal doré, ornée d'un entrelacs de lianes et de fleurs gravées dans le métal. Elle était plus haute devant et derrière, au moins dix centimètres de haut. Les cotés ne fessaient que trois ou quatre centimètres de hauts. Mais cette ceinture était très épaisse, ressemblant plus à une plaque de métal forgé qu'à un mince ruban. Elle se fermait dans le dos par une serrure spéciale, très plate et ne pouvait s'ouvrir que par une clef qui s'insérait dans l'épaisseur de la ceinture.

Delphine positionna la lourde ceinture sur ma taille réduite par le corset. Une série de petit clic métallique. Mon corset était maintenant cadenassé. C'est seulement à cet instant que je pris conscience de l'impossibilité d'enlever mon corset. Seul Delphine pouvait le desserrer ou me l'enlever suivant son bon vouloir. Elle seul contrôlait mon tour de taille et quoi que je fasse, la réduction de ma taille ne dépendait plus de moi. Delphine et mon corset étaient les deux seuls maîtres de ma taille. A cet instant, je me rendais compte que je ne pourrais plus contrôler ma silhouette. J'avais perdu toute responsabilité de la forme de mon corps et donc, je devenais esclave de Delphine et du corset qui me modelait... Delphine était une artiste. Elle travaillait comme un sculpteur, qui utilisait ma chair comme matière première. Mon corps deviendrait bientôt une oeuvre d'art, une sculpture merveilleusement modelée...

Le bruit du treuil me fit sortir de ma rêverie. Delphine actionnait le treuil de sorte que je puisse me tenir sur les pieds. Elle m'aida à me libérer mes poignets.

On était face à face. Elle me regardait intensément avec un léger sourire, observant mes réactions.

La ceinture était lourde sur ma taille, et je ne pouvais m'empêcher de la sentir avec les doigts, de la tâter, tester son serrage par-dessus mon corset.

- Oui Sophie. Me dit Delphine. Tu n'es plus responsable de ta silhouette. C'est moi qui en prends les commandes. Qui la modèlera! La réduira autant que j'en aurais envie. Inutile maintenant de te faire des soucis pour les progrès de ton entraînement. J'en suis seul responsable car la seule détentrice de la clef.

Les bracelets maintenant!

- Mais Delphine, avec cette ceinture, je ne peux plus me libérer de mon corset. Pourquoi les bracelets?

Delphine me fixa les bracelets aux poignets. Ils étaient très larges dans le même style que la ceinture avec les même gravures. Des bracelets lourds, réunis par une chaîne d'environ 20cm. Elle m'enchaînait tout en m'expliquant qu'ici, nous préférons la sécurité maximum.

- Deux précautions valent mieux qu'une. Me dit-elle en fermant les serrures des bracelets. Et puis, ces bracelets te rappelleront mieux que la ceinture, que tu ne peux pas faire tout ce qui te passe par ta jolie tête.

Les poignets enchaînés, portant un corset impossible de desserrer et encore moins d'enlever. Je me tenais debout devant Delphine, le souffle court, les fesses et la poitrine à l'air.

Je me sentais d'autant plus nue, que le corset faisait sentir sa présence par sa pression, sa rigidité et son poids alourdi de la ceinture de métal, mais tout cela sans m'habiller, bien au contraire, le corset exposait plus impudiquement encore mes fesses et mes seins, en les fessant gonfler, en les montrant de manière plus provocante par contraste avec ma taille réduite.

Je me sentais nue, exposée, presque libre, bien que mes poignets enchaînés ainsi que ma taille comprimée et rigide, me rappelaient durement les contraintes et les limites que Delphine m'imposait.

Elle s'éloigna en me disant.

- Je vais aller chercher Caroline, et je reviens de suite.

Je me retrouvais seul, debout, au milieu de la salle de bain, et je rejoignit la chambre.

En les attendant, j'explorais tous les recoins et les armoires de cette grande chambre. Beaucoup de tiroirs étaient fermés ainsi que les armoires.

En essayant d'ouvrir un tiroir en bas d'une grande penderie, mon corset m'a vite rappelée à l'ordre en m'empêchant de me courber. Je dus fléchir les genoux tout en restant parfaitement droite, sous peine de sentir les baleines me pincer. Me relever fut des plus difficile. Mon corset bien que pas très long, m'interdisait tout mouvement de la taille. Je ne pus me lever qu'en m'accrochant à une poignée de porte et en fessant de grands efforts pour me soulever sans me plier, ce qui me fit perdre mon souffle déjà très limité.

J'abandonnais l'exploration des tiroirs décidément trop bas pour moi, et je m'assit bien droite sur un tabouret un peu haut, avec une revue de mode en main.

La revue me semblait d'autan plus intéressante que je n'avais jamais lu de revue aussi luxueuse.

Cette fois, ce sont mes chaînes qui m'empêchaient d'ouvrir complètement la revue et comme le dos de cette revue était cartonné, je ne pouvais l'entrouvrir que d'une vingtaine de centimètres.

Delphine et Caroline, me découvrir en me battant avec cette revue et mes chaînes de poignet bien trop courtes.

Caroline se tourna vers Delphine et lui dit.

- Mais Delphine, pourquoi ne porte-t-elle pas de chemise et de bas?

- Soi patiente, Caroline, les débuts avec un corset sont toujours pénibles, et puis avec son premier corset, on ne peut pas accrocher de bas. Laisse la se reposer encore quelques jours. Juste le temps de s'habituer à rester corsetée en permanence et à sa nouvelle situation.

- Mais je venais avec ces chaussures à talon, et prendre ces mesures pour son trousseau.

- Tu peux prendre ces mesures. Lui dit Delphine. Mais attend un peu pour les chaussures. Ne lui fessons pas subir trop d'apprentissages difficiles en même temps.

- Bien, comme tu voudras, c'est toi la responsable de ces apprentissages. Je vais seulement prendre le minimum de mesures pour commencer son trousseau. Tu sais que Florence exige pour elle le trousseau le plus sophistiqué et le plus complet possible.

Caroline pris mes mesures, qui bien que minimal, étaient longues, minutieuses et très nombreuses. Je n'osais pas faire de commentaire, devinant que je venais d'échapper de peu à de nouvelles épreuves. J'espère qu'apprendre à marcher avec des talons sera moins pénible que l'entraînement du corset. Quoique cela dépendra vraisemblablement de la hauteur de ces talons...

 

 

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