Souvenirs de Sophie
L'école

Livre 2.

 

Par Fred Pody.

 

 

 

 

IV

Nuit Tranquille

 

Delphine me semblait très fébrile en me disant tout bas.

- J'espère que du l'aimeras autant que moi. Je l'ai essayé, et... j'ai adoré sa fermeté, sa force...

Delphine sortit du carton un corset qui semblait lacé sur un buste. Un très long corset, un corset lourd sombre, avec des plaques métalliques luisantes.

- Il est en cuir, et fait 60 cm de long. Il se porte très bas. C'est ton corset de nuit. Il a été conçu pour un maximum de liberté de ta respiration. Un corset de nuit ne doit pas te comprimer la poitrine, par contre, il doit te garder la taille étroite. Les corsets de nuit sont souvent courts et ne serrent que la taille. Ils sont généralement faciles à serrer, mais en contre partie, leur système de serrage est moins discret. On n'hésite pas de le matelasser à l'intérieur, ce qui les rendent plus confortables pour dormir, et la surépaisseur n'a pas d'importance dans le lit. Avec ce matelassage et la protection supplémentaire qu'il donne, on pourra le serrer beaucoup plus fort, sans te blesser. Le système de serrage est encombrant, mais terriblement efficace et il peut se verrouiller.

Je voulut prendre le buste sur le quel le corset était lacé, et !!!

- Delphine, il n'y a pas de buste? Il tient rigide tout seul! Il est très lourd, tout en cuir, et vraiment très long. Pourquoi? Tu viens de me dire que les corsets de nuit sont courts.

- Désolé Sophie. C'est une exigence de ta tante. Elle ne veut pas que tu puisses te... car... te donner du plaisir la nuit. Elle veut également, que tu ne puisses pas te lever sans aide. C'est pour cela qu'il est aussi long. Il ne te serrera pas la poitrine, mais il descend jusque tes genoux. Tu ne pourras que rester couchée, tout le devant du corset est renforcé par une plaque d'acier. Il te sera ainsi impossible de faire quoi que ce soit entre tes cuisses.

Delphine me regardait avec un sourire qui me gênait.

- Tu rougis, nous l'avons toute faite. Je ne sais pas pourquoi, ta tante veut t'interdire ce genre de plaisir. Ne m'en veux pas de t'imposer ce corset spécial. Je pense qu'elle veut faire porter ce genre de corset à certaines pensionnaires dont les familles exigent une grande sécurité.

- Mais pour qu'elle raison?

- Certaines familles exigent que l'on prenne des précautions sur la virginité de leurs filles. Tu es seulement son cobaye. Ce corset spécial sera présenté aux familles dans une semaine, elle l'appelle "Le corset Nuit Tranquille". Mais ce corset coûte très chère, les buscs d'aciers sont modelés sur mesure, et seul les familles fortunées, pourront l'acquérir, pour enfermer leurs filles.

- Ce n'est pas un corset, c'est une prison! Avec des serrures dans le dos, et ce matelassage? Vous voulez m'étouffer? Regarde, c'est bien trop épais. Je vais mourir de chaleur là dedans.

Delphine m'entraîna dans la salle de bain et posât le corset sur la commode.

- Il est vrai qu'il est trop épais, ce matelassage est doux, mais un peu chaud, et il donne une forte impression d'enfermement. J'espère que tu le supporteras, surtout que tu expérimenteras d'autres modèles de corsets. Ta Tante Florence veut que tu m'aide à mettre au point une nouvelle méthode de laçage et d'entraînement à la silhouette étranglée. Tu seras mon mannequin et mon cobaye. On va complètement changer ta salle de bain, pour l'adapter aux nouvelles méthodes de corsetage intensif.

- Je serais ton cobaye?

- Ou ma partenaire, ensemble, nous allons révolutionner l'art du corset et de la transformation des silhouettes par le corset.

- Tu peux m'expliquer cette méthode?

- Pas en détaille, mais on va développer deux principes, En premier lieu, être fortement corsetée en permanence, et en deuxième, ne jamais se tenir debout ou même assise sans le soutien d'un corset.

- Depuis que je suis au château, je ne me suis plus jamais tenue debout ou même assise sans mon corset. Cela fessait-il déjà partie de cette nouvelle méthode d'entraînement?

- Cette méthode est ancienne, mais nous allons la rendre plus systématique, et plus efficace.

- Cela veut-il dire que je ne pourrais plus jamais me tenir debout, ou même assise sans porter un corset?

- Heu... Tu devrais en parler à ta Tante.

- Excuse-moi, Delphine, mais je ne comprends pas bien la différence.

- Tu as déjà suivit un entraînement plus scientifique que la plupart des autres pensionnaires de l'école. Ta Tante, veut rendre cette méthode encore plus efficace, plus systématique et l'appliquer à toute les autres jeunes filles dans son école. Tu expérimenteras avec moi, toutes les nouvelles méthodes d'entraînement au laçage extrême des corsets.

- Tu m'intrigue, je suis très excitée à l'idée de travailler avec toi, et de vivre de nouvelles expériences ensemble. J'espère être à la hauteur. Tu ne seras pas trop dur avec moi. J'ai toujours un peu de crainte quant tu me propose un nouveau corset plus étroit, ou plus contraignant.

- Tu as raison de le craindre, mais rassure-toi, tu as encore un petit répit. On doit faire quelques transformations dans ta salle de bain, et y amener de nouveaux équipements.

- des transformations?

- oui, on va supprimer la baignoire, et installer une douche. C'est l'affaire de quelques jours. Tu pourras expérimenter la nouvelle méthode de laçage en fin de semaine. Mais cela ne m'empêchera pas de te lacer dans ton nouveau corset de nuit.

Delphine aidée de Ninon me fixèrent les poignets au trapèze. Je fut soulevée et libérée de ma ceinture cadenassée. Ma robe, et mes dessous vite enlevés. Il ne me restait que mon corset, que Delphine délaça lentement. Ensuite aidée de Ninon, qui me souleva les jambes, pour me placer au-dessus de la baignoire, et me faire descendre dans mon bain en baissant le trapèze.

Après mon bain, Delphine me souleva à l'aide du treuil, et elle me plaça au milieu de la salle de bain. Je dus rester suspendue au trapèze, pendant que Ninon me préparait pour la nuit, en me séchant et en talquant toutes les parties de mon corps qui serait recouverte par le corset de nuit. Elle me mit du talc de la base de ma poitrine jusqu'au genoux.

- Bien! Dit Delphine. Nous allons essayer ton nouveau corset.

Le nouveau corset, était très épais, avec un matelassage intérieur très doux au toucher, très agréable. Delphine écarta les deux bords du corset pour me permettre d'y entrer. Quant Delphine relâcha les deux bords du corset, je le sentais déjà me serrer, comme une grande pince, elle positionna le dos métallique en insérant un tampon entre mes cuisses. Ce tampon rigide suivait la forme de mes cuisses, et les maintenait légèrement écartées.

Delphine m'expliqua:

- Ce tampon, vas maintenir tes cuisses écartées d'un Cm. Ceci, quel que soit le serrage du corset sur tes cuisses. Le but, est de pouvoir te serrer très fortement les cuisses ensemble, sans te blesser au niveau des genoux.

Ce dos métallique était également, équipé de fermoirs à crémaillère et elle les enclencha. Ils pouvaient être fermés un à un et étaient équipés de levier qui resserrait le corset quand on les actionnait. Ce système permit à Delphine de fermer facilement et rapidement le corset en m'imposant un premier serrage. Je sentais alors toute sa rigidité, son poids, son épaisseur étouffante. Il m'immobilisait complètement. Plus aucun mouvement possible de mon buste ni de mes cuisses.

La pression et la raideur des plaques d'acier sous le cuir étaient particulièrement éprouvante. La grande plaque de devant, m'écrasait le ventre, comme si on cherchait à m'aplatir sous une presse. Mais Delphine n'avait pas terminé le serrage du corset de nuit. Elle actionna une deuxième fois tous les leviers de serrage en partant du bas vers le haut. Je sentis mes genoux bloqués, ensuite, mes cuisses serrées à bloc l'une contre l'autre, mes hanches devenir dure comme du bois, de la pierre, et quand mon ventre fut encore plus écrasé, mes organes internes semblaient me remonter, ma taille douloureuse d'une telle force de compression, je me sentais subitement très faible. C'est le trapèze de laçage, qui n'empêchait de tomber, et dans un faible souffle, je réussis à murmurer.

- Delphine... tu... me... serre... beau... coups... trop fort

Ninon s'exclama!

- Madame, arrêtez! Regardez comme elle est blanche!

- Ho! Je t'ai trop serrée, on a une force incroyable avec ces leviers de serrage. Ils sont vraiment très efficaces. Sophie... Sophie! Répond moi... Tu m'entends? ...

- Oui... Je me sens... tellement... faible.

- Ninon! Aidez-moi, ont va la soutenir, et l'emmener dans sa chambre.

Le trapèze descendit, mais je ne tenais pas debout, Delphine et Ninon durent me soutenir, et littéralement me traîner jusque dans mon lit.

Me coucher ne fut pas simple, mon buste et mes cuisses, ne formait plus qu'un bloc rigide. Heureusement que je pouvais encore plier mes genoux, si non, je ne sais pas comment Delphine et Ninon auraient put me coucher, sans me laisser tomber brutalement sur le lit, quant à mes bras, j'étais bien trop faible pour quoi que se soit. Delphine du faire des efforts considérables, en essayant de se pencher malgré son propre corset qui n'était pas des plus léger ni des moins serré de l'école. Sans l'aide de Ninon, je n'aurais jamais réussi à atteindre le lit et à m'y coucher sans tomber. La position allongée me fit du bien, et mon malaise encore très fort, me semblait un peu plus supportable. Mais avec les couvertures en place, il me semblait impossible de faire le moindre mouvement.

- Delphine, reste près de moi,... tu m'as tellement serrée,... je ne me sens pas très bien,... Ce corset, c'est une torture... Il m'a enlevé toutes mes forces...

- Je vais m'installer dans le fauteuil quelque instant. Je sais que ton corset te serre vraiment beaucoup. Peux-tu encore respirer normalement?

- La pression... sur mon ventre... est terrible... Je ne peux... respirer... que par le haut,... mon estomac,... mes intestins... sont remontés... très haut,... tellement... tu m'as serrée... la taille. ... ... J'ai... horriblement... chaud... Je... ne... peux... plus... bouger.

- Calme-toi Sophie, ne lute pas contre ton corset, laisse le, te modeler. Tu dois essayer de te relâcher, de te détendre.

Ne plus bouger, et essayer de suivre les conseils de Delphine. Mais la pression du corset était implacable. Sont épaisseur et sa rigidité me donnait l'impression que j'étais enfermée définitivement, que je ne pourrais plus jamais sortir de cette chose qui me broyait. Le sommeil vint très tard dans la nuit, par épuisement.

Le lendemain, Ninon entra dans la chambre et ouvrit les rideaux. Elle me dit gaiement.

- C'est l'heure du lever, Mademoiselle. La journée sera sûrement très belle, le ciel est bleu, sans un seul nuage.

J'avais à peine dormis cette nuit, il me fallait déjà me lever, et je pris mon courage a deux mains pour me lever... Me lever en poussant sur mes bras... Et... j'étais bloquée dans ce corset de nuit, impossible de bouger, et encore moins de me lever, mon corset m'immobilisait complètement au fond de mon lit.

- Ninon! Aidez-moi. Je ne peux pas bouger.

- Un instant, Mademoiselle, je vais chercher de l'aide.

Et Ninon parti, me laissant seul me battre contre cet inflexible corset. J'abandonnais très vite, essoufflée, et en nage.

Je m'étais rendormie, quand Ninon revient avec de l'aide. Je me rappelle encore le visage ahuris de la servante quant elle a vu dans quel corset incroyable on m'avait enfermée.

Elles durent déployer beaucoup d'effort pour me soulever. Elles essayèrent de me mettre debout, mais mes genoux fléchirent sans que je puisse rien y faire. J'étais totalement incapable de me tenir debout. Les deux servantes, durent me porter dans la salle de bain sous le trapèze, et Ninon m'attacha les poignets au trapèze de laçage. Sans cela, je n'aurais pas eu la force de rester suspendue durant le délaçage de mon corset de nuit.

Je me sentis subitement, plus légère. Mon horrible corset de nuit venait de tomber au sol avec un bruit mat. Ninon me fit une brève toilette et me corseta dans mon corset de jour. Quelle légèreté, Le laçage me paraissait peu serré. C'est la première foi que je ressentais un tel sentiment de liberté tout en étant corsetée. Ninon avait probablement serré très peu, et je fut surprise, quant elle m'annonça que ma taille c'était affinée d'un bon centimètre.

La quasi nuit blanche était déjà, un mauvais souvenir, la matinée était belle, j'étais pressée maintenant de rejoindre mes amies. Mais il fallait encore me coiffer, mettre mon pantalon de dentelle et mes trois jupons, mon cache corset, une chemise finement brodée, avec son haut col, lacer mes chaussures à talons, enfiler la longue robe bleue et réglementaire, une robe très étroite, tendue par-dessus mes jupons et enfin me recoiffer pour être parfaite. Tous ceci pris beaucoup de temps, surtout que Ninon avais du me déshabiller partiellement pour resserrer mon corset un peu plus. Enfin prête. Ninon m'inspecta sous toutes les coutures avant de fermer ma ceinture métallique. Elle était responsable de ma tenue, et la ceinture ne pouvait plus s'ouvrir une fois fermée.

Je fus enfin autorisée à quitter ma chambre normale, et monter l'escalier secret pour rejoindre le deuxième étage.

Je montais lentement pour ne pas arriver en haut, à bout de souffle. Mon corset me semblait léger, mais je me méfiais de cette impression, après tous, je venais de perdre plus d'un cm de tour de taille. C'est difficile de ne pas courir, quand on est pressée de revoir ces amies, d'autant que j'étais inquiète au sujet de Gwendoline, qui a probablement passé une très mauvaise nuit, elle aussi, attachée et bâillonnée par la Surveillante Générale.

 

 

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