Souvenirs de Sophie
L'école

Livre 2.

 

Par Fred Pody.

 

 

 

 

VIII

Les bracelets

 

- Mesdemoiselles, nous allons faire une pose. Durant ce temps, Véronique et son assistante Flore, vont vous équiper de vos bracelets. Je pense qu'il est temps pour vous de pratiquer en permanence cette marche particulière. Ces bracelets sont uniquement destinés à vous aider. Vous devez savoir que certaines robes du soir, sont très étroites. Vous devez donc apprendre à marcher en gardant vos genoux collés l'un contre l'autre. C'est le but de ces bracelets, que Véronique et Flore vont vous fixer juste au-dessus des genoux.

Et Véronique sortit une boite marquée d'un nom, et demanda.

- Mademoiselle Ludivine?

Ludivine leva la main. Et Véronique sorti la paire de bracelet. Ces bracelets étaient réunis par des tiges métalliques dorées, et au centre, une plaque gravée au nom de Ludivine.

- Chaque paire de bracelets à été réalisée sur mesure et gravés à votre nom. Ces bracelets ont trois positions: La plus large, elle vous permet juste de monter sur des marches d'escalier normaux. La moyenne, réservée aux soirées, seul les marches très basses du grand escalier vous seront accessibles. Ces marches ne font que dix cm de haut. Et la troisième position, bloque les genoux serrés ensemble, la marche est alors extrêmement difficile et lente.

Quand vient mon tour de me faire attacher les genoux, je retrouvais les bracelets que m'avait fait porter Caroline, pour m'éduquer à la marche des dames élégantes.

La cloche sonna, pour le goûter de onze heure.

- Parfait, Mesdemoiselles, exercice pratique! Levez-vous, nous allons traverser la salle Sylphide, pour aller prendre notre goûter dans la salle en face, vous avez vingt à vingt cinq mètres de trajet à faire. Prenez tout votre temps! Si vous trébuchez avec vos genoux entravés, vous risquez fort de tomber!

Gwendoline et Solange étaient affolées.

- Mais comment peut-on marcher avec ces bracelets. Me dit Solange.

- Je ne pourrais jamais mettre un pied devant l'autre ainsi attachée. Me dit Gwendoline

- Rappelez-vous cette marche en croisant les jambes. C'est le seul moyen. Avec ces bracelets, les genoux peuvent juste glisser l'un devant l'autre et permettent tout juste de placer un pied devant l'autre, mais très près.

Et je leur fit la démonstration, portant mon poids sur un pied, je faisais glisser la jambe libre devant l'autre et ainsi, je pus placer mon pied devant, juste devant. Les bracelets ne me permettaient pas de faire des pas, d'un cm de plus.

Gwendoline et Solange essayèrent un pas avec difficulté, mais succès.

- Attention! Leur dis-je. Il faut récupérer son équilibre à chaque pas. N'essayer pas d'enchaîner de suite, le pas suivant.

Vingt mètres, c'est peu, mais tellement long pour nous, avec nos hauts talons et nos entraves, qui nous faisait faire des pas minuscules, et nous obligeaient à s'arrêter à chaque pas, pour récupérer un peu d'équilibre, tout en risquant de tomber chaque fois que l'ont avait avancé de 7 ou 8 cm.

Une file se format, une file de jeunes demoiselles, ondulantes et précaires, une file qui tanguait, faisait comme une houle lente, ondoyante, et charmante par sa fragilité.

Presque dix minutes! Dix longues minutes, pour rejoindre la salle Léoty, distante de vingt mètres seulement! Dix longues minutes, perchées sur nos hauts talons instables, à rechercher notre équilibre à chaque pas minuscule, entravés par ces bracelets qui nous obligeaient à cette marche étrange et chaloupée. Dix autres minutes, sur la pointe des pieds, ondulante, et vertigineuse pour revenir dans la salle Sylphide.

Le cours repris avec surtout des conseils de Caroline pour marcher avec nos entraves et perchées sur nos hauts talons.

- Vous avez une semaine pour vous entraîner avant que je ne vous fasse porter des talons plus hauts. Vous garderez les entraves de genoux en permanence, une dame de qualité n'a aucune raison d'écarter les jambes. Ces bracelets de genoux ont beaucoup de vertu comme votre corset. Ils vous obligent à garder une attitude correcte et gracieuse, et ils vous empêchent de courir, je ne sais ou, ainsi que de faire des bêtises si courantes à votre âge!

De nouveau la cloche!

- Fin du cours pour aujourd'hui! N'oubliez pas de vous faire resserrer votre corset.

Ont sorti comme ont pouvaient de la salle et je rejoignis Solange et Gwendoline, dans leur chambre pour resserrer notre laçage. Nous avions pris cette décision pour ne pas se quitter et facilité le travail de Ninon qui devait nous faire perdre un centimètre avant le déjeuner.

La descente des escaliers fut des plus périlleuse. Ont devaient se tenir à la rambarde pour ne pas tomber en descendant. Une descente particulièrement longue que l'on faisait toutes, marche par marche, avec mille précautions.

Heureusement que Caroline avait prévu nos difficultés. Elle avait fait venir tout le personnel disponible dans l'école pour nous faire descendre les deux étages en sécurité. Une ou deux personne par élèves. Sans cette aide, sans être soutenue pour éviter des chutes dangereuses dans ces escaliers, nous n'aurions pas pus descendre, ainsi entravées.

L'après midi passa dans le réfectoire en suivant un cours de maintien à table, suivit d'un cours sur la décoration des tables de banquet. Ceci nous évita de monter ces deux étages avec nos hauts talons et surtout ces bracelets de genoux.

La cloche de dix sept heures! Ont ne fit pas l'économie du nouveau serrage de nos corsets. 46cm, c'est dur à supporter. Solange et Gwendoline, devaient également souffrir d'être ainsi serrées. Solange avait voulut par solidarité se réduire la taille de deux cm comme Gwendoline et moi. Ont se rapprocha toutes les trois, mais ont n'osa pas s'embrasser devant les autres écolières. Il nous faudrait un endroit plus discret, plus intime, pour nous seule.

Le repas du soir n'eut pas beaucoup de succès.

Personne ne mangea beaucoup, il n'y avait que deux jours que l'ont portait nos nouveaux corsets, plus rigides, plus longs et surtout plus serrés. Ces corsets nous imposaient un régime alimentaire très strict. Pas question avec de tels corsets, de manger sans mesure. Ont ne pouvaient avaler que de très petites quantités de nourritures en une fois. C'est pour cette raison que l'ont avaient de multiple petites collations durant la journée, pour cause d'un estomac anormalement petit, tellement il était comprimé par le corset.

Gwendoline, Solange et moi, décidèrent de s'éloigner des autres élèves

Ont remonta difficilement au deuxième étage, dans la chambre de Gwendoline et de Solange.

Toutes les trois, proches, encore plus, s'embrassant, mêlant nos longs cheveux, et sous leurs protections, nos lèvres douces, se réunirent en un triple baiser tendre. Ma main caressant le visage de Solange et la langue de Gwendoline s'enlaçant avec la mienne, la main de Solange ou de Gwendoline sur ma poitrine, sortant presque du corset, gonflée et haletante, chaude... Leurs poitrines serrées contre la mienne, je tenais Gwendoline par sa taille, dur et étroite, Solange attira mon visage vers le sien pour m'embrasser, insinuer sa langue profondément, une langue vive, me fouillant, me désirant...

Plus fort, plus intimement, plus loin, ont n'avaient que nos mains, nos visages, notre bouche pour se caresser, avec d'autant plus d'excitation, que le reste de nos corps étaient cachés, sous les robes, et les jupons, comprimés et bridés par nos corsets, enfermées à double tours, par nos ceintures Cadenassées. La frustration engendrait un désir plus fort, plus violent. Nos robes, nos multiples dessous, nos terribles corsets, nous rendaient merveilleusement belle et attirantes, et en même temps, complètement inaccessibles. Nous étions enfermées dans la soie et le métal, une association particulièrement efficace pour nous incarcérées dans une prison luxueuse, une prison que l'ont portaient sur soi, en permanence, une prison inflexible, étouffante, et aussi... très excitante.

Le temps est suspendu... Nos esprits excités par nos corps inaccessibles, et si désirables, magnifiés et merveilleusement modelés par nos corsets, nos talons qui nous grandissent, et nous donne une silhouette élancée, tendue, vibrante de beauté et de désir.

Le temps suspendu à nos lèvres, et nos caresses. Le temps... de se séparer, lentement, doucement, comme à regret, sachant que l'ont se rapprochera encore et encore, plus intimement... plus tendrement.

Le temps s'était écoulé sans que l'ont s'en rende compte. La nuit était tombée, discrètement...

Il faudrait sans doute nous séparer, sans doute, dans quelques instants, quelques minutes, pas tout de suite, encore un peu de temps... Le temps de se regarder encore, de s'admirer, de laisser l'excitation s'atténuer un peu.

Un bruit léger à la porte, on frappait délicatement, timidement. Gwendoline alla ouvrir. Et vit Ninon dans le couloir, n'osant pas entrer, et qui dit à voie basse.

- Bonjour Mademoiselle Gwendoline. Je cherche Sophie, ont l'attend dans ces appartements. Elle doit essayer les nouveaux équipements de sa salle de bain.

- Ces appartements! Une minuscule chambre individuelle?

Je dus intervenir après la gaffe de Ninon

- Excuse-moi Gwendoline et toi aussi Solange. Vous savez que je suis la nièce de Florence, la directrice de l'école. Elle a voulu que j'aie une chambre au même étage que les autres, mais je dispose en plus d'un appartement au deuxième. Florence m'a demandée de n'en parler à personne. Mais maintenant, nous sommes tellement proche, je ne veux rien vous cacher.

Solange me dit.

- Sophie, tu ne dois pas être gênée de disposer d'un appartement. Tu habite ici, il est normal de disposer d'une chambre plus grande chez soi.

- Je dispose de beaucoup plus qu'une chambre, je vous ferais visiter, mais il ne faudra en parler à personne d'autre. Excusez-moi, je dois partir, une épreuve m'attend. Delphine veut essayer une nouvelle méthode d'entraînement avec moi.

 

 

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