TEXTES

 

 

Souvenirs de Sophie

II

L'école

 

 

 

Par Fred Pody.

 

 

II

Les chambres

 

Les surveillantes, nous encadraient pour monter dans les étages. Elles nous firent monter par un grand escalier qui était situé dans l'aile centrale du château. Arrivé au premier étage, dans une salle assez grande, avec beaucoup de porte et un piano droit contre un mur, l'escalier qui continuait vers les étages des fenêtres donnants sur l'entrée du château et a l'opposé, des ouvertures par les quels, ont pouvaient apercevoir la grande salle de bal.

La surveillante générale, nous averti.

- Vous ne devez pas utiliser d'autre escalier. De plus, l'accès au premier étage vous est formellement interdit. Suivez-moi!

Personne ne fit de remarque. Il faut dire que cette première montée, nous avait toutes essoufflées. Même avec l'habitude de porter un corset, le souffle était court, réduit par le serrage de nos corsets. Celle d'entre nous, qui n'avait pas l'habitude, était vraiment épuisée par cette première montée. Encore un étage, heureusement moins haut que le premier.

La montée vers le deuxième étage fut beaucoup plus lente. Nos corsets fermement lacés, nous forçaient à monter très lentement. Beaucoup d'entre nous, devaient s'arrêter quelques instants, essayant de reprendre leur souffle perdu. Heureusement que nos bagages avaient été pris en charge par le personnel.

Au deuxième étage, l'escalier débouchait sur un palier, qui lui donnait dans un couloir. Une surveillante nous faisait entrer dans le couloir une à une. Quant mon tour arriva, elle me remit une clef avec le No 209 et me dit.

- Votre chambre devra être fermée à clef quand vous serez absente. Vous devez toujours garder cette clef sur vous et ne la prêter à personne. Il vous est interdit de quitter cet étage sans y être invitée par une surveillante. Vous ferez vos ablutions dans votre chambre. Il y a également une salle d'eau de disponible pour toutes les pensionnaires de cet étage. Suivante!

- Solange, je vous affecte la chambre 211. Vous la partagerez avec Mademoiselle Gwendoline...

Solange me suivit, elle était mince, une silhouette élégante, cheveux auburn sombre, une belle couleur chocolat, et une des rares filles à sourire malgré son corset.

- Sophie, Tu t'appelle bien Sophie? me dit Solange

- Oui! Ils m'ont donné la chambre 209, je pense que c'est une chambre individuelle.

- Ho! Moi je dois la partager avec Gwendoline. Tu la connais?

- Non, j'espère que vous vous entendrez bien.

- Moi aussi. Tu peux me tutoyer, nous allons passer au moins deux ans dans cette école.

- Oui, tu as raison, montre-moi ta chambre, on accueillera Gwendoline ensemble. Ce sera plus sympathique

- C'est une bonne idée, nous sommes toutes un peu perdues, et en attendant, tu pourras me parler de toi.

La chambre de Solange n'était pas loin. Elle ouvrit, et ont pu la découvrir ensemble. Plutôt spartiate, deux lits simples, deux tables et deux chaises. La chambre était mansardée, comme probablement les autres chambres. Deux petites fenêtres donnaient sur l'entrée du château. Au loin, on voyait le mur d'enceinte, et la grande grille ouvragée, à deux battants. En se penchant autant que le permettait le rebord de la fenêtre et la rigidité de nos corsets, ont pouvaient apercevoir le pont, devant la grande entrée. Ce pont très classique enjambait les douves. J'avais l'impression que ces douves entouraient complètement le château. Pourtant, durant mes promenades nocturnes avec Delphine, je n'avais jamais vu de douve. Il est vrai que je n'avais jamais vu l'arrière du château de jour.

La porte de la chambre s'ouvrit! Une jeune fille entra, un peu surprise de nous voir.

- Bonjour, je m'appelle Gwendoline, je devais partager cette chambre avec Mademoiselle Solange.

- Je suis Solange, bienvenue dans ta chambre, et voici Sophie, elle logera dans une autre chambre.

- Bonjour Gwendoline, je viens juste de faire connaissance avec Solange. J'espère que l'on s'entendra bien.

Gwendoline ressemblait beaucoup à Solange, sauf sa couleur de cheveux. Des cheveux blonds, un blond un peu plus chaud que les miens. En fait, on se ressemblait beaucoup toutes les trois. Mais j'étais particulièrement fière de l'épaisseur de mes cheveux. Je les trouvais trop pâle, mais très volumineux, et depuis un an dans ce château, grâce au soins quotidiens de Ninon, ils avaient plus d'éclats, étaient plus longs et plus épais encore.

- Solange... Sophie... Je suis touchée par votre accueil. Ca me réconforte, surtout après ma rencontre avec cette pimbêche de Coralie. Elle ma pris de haut quand elle a su que je logeais dans une chambre double. Elle est insupportable d'orgueil, parce que cette petite Demoiselle a une grande chambre individuelle avec vue sur le parc.

- Il y a plusieurs type de chambre?

- Oui, il y a même des chambres pour 6 personnes, et seulement quatre grande chambre individuelle.

- En effet. Dis-je. j'occupe une chambre individuelle, mais c'est une petite chambre

Gwendoline s'était calmée, grâce sans doute à notre accueil. Elle voulut s'asseoir sur le lit, mais un peu trop rapidement.

- Ho! Ce corset!

Elle fut comme poussée en arrière, et on dut l'aider à se relever.

- Ce corset, les baleines me rentrent dans les cuisses.

- Tu dois faire attention. Tu ne peux pas t'asseoir n'importe comment avec un corset. Lui dis-je.

- Oui, je m'en rends compte. J'espère qu'ils vont bientôt nous libérer de cette ceinture cadenassée, que l'ont puisse quitter ce corset. Je suis épuisée.

On ne l'avait donc pas prévenue? Je lui demandais.

- Gwendoline, tu n'as pas été informée sur les corsets dans cette école? Et toi, Solange, le sais-tu?

Gwendoline réagit immédiatement.

- Quoi, les corsets? Ma tutrice ne m'a rien dit, elle cherchait trop à se débarrasser de moi.

Solange ensuite.

- Je ne sais pas, ma mère ma simplement dit que cette école ferait de moi une femme élégante, qu'elle nous enseignerait tout ce que l'ont n'apprend pas dans les écoles classiques et tout ce qui est nécessaire pour devenir ce qu'elle appelle une "Lady"

- Oui Solange, tu as raison. Je connais quelque règle de cette école. Il y a bien une formation à la culture, l'élégance, et aussi la connaissance des règles de bienséance, de politesse, et surtout de maintient. Mais le programme le plus contraignant, est l'entraînement de la silhouette.

- Que veux-tu dire par "Entraînement de la Silhouette"?

- Le maintien du corps, sont attitude, mais surtout, le modelage du corps par des corsets très sévères.

- Des corsets, ils veulent nous mouler comme de la terre glaise dans des corsets?

- Oui, et particulièrement, nous réduire la taille à des dimensions extraordinairement étroites.

Gwendoline nous interpella.

- Mais, j'aime ma silhouette, ma taille est très fine, et si je n'aime pas les corsets, je suis capable de les supporter toute une soirée. Enfin uniquement quand je veux être particulièrement élégante.

Je dus préciser mes informations.

- Ma tante, ne veux pas seulement que l'ont aient une taille fine. Elle recherche l'exceptionnel, la taille de guêpe extraordinaire. Une taille impossible d'obtenir sans un entraînement intensif. Une taille tellement étranglée, que personne ne puisse rivaliser, avec notre silhouette.

- Ta tante? Mais qui est-elle, qui est ce? Et comment est-tu au courrant de tous cela?

- Ho oui, je dois vous expliquer. Ma tante Florence est ma tutrice, et elle dirige cette école un peu spéciale. Je l'aime beaucoup, bien qu'elle soit très sévère, et tous particulièrement en matière de corset. Vous l'avez vue quant elle nous a accueillies dans la salle de bal, je la trouve merveilleuse. Je crains les corsets, mais j'aimerais tan avoir sa silhouette.

Gwendoline réagit vivement.

- Mais moi, je me trouve bien ainsi et je ne veux pas de corset. Bon sang, quand vont-il nous libérer de cette ceinture, que je quitte au plus vite ce truc qui m'étrangle la taille et m'empêche de respirer.

- Ho! Gwendoline, tu ne le sais donc pas encore. Tu devras garder ton corset toute la nuit.

- Quoi! Tu plaisante!

- Hélasse, non. Cela fait partie de l'entraînement des tailles de guêpes. On doit être corsetées 24 heures sur 24. C'est en gardant notre taille serrée en permanence, que le corps se modifie petit à petit, et ainsi nous pourrons obtenir une taille minuscule, une taille impossible à atteindre sans un long entraînement.

- Ma vache de tutrice le savait sûrement. Elle sait également que je ne voulais pas me corseter. C'est elle qui devrait en porter un, elle est tellement grosse, tellement écœurante.

- Tu sais Gwendoline, je porte un corset depuis un an. Au début, je ne voulais pas, mais sans oser l'avouer, avec un corset bien fait, à ma mesure, j'ai adoré cette sensation d'être fermement lacée. Et ma silhouette dans le miroir, me plaisait tellement. Je ne l'ai jamais dit à ma tante Florence, mais Delphine, la corsetière doit s'en douter. Elle aussi adore avoir la taille étranglée par son corset. Elle ma confiée avoir beaucoup de plaisir durant le serrage de ces lacets. Un plaisir trouble qui se prolongeait durant tout le temps du laçage et montait d'autant plus que son corset la serrait encore plus fort.

Solange essaya de rassurer Gwendoline

- Je comprends ta crainte des corsets, mais si tu les acceptes, ils te seront moins pénibles. Moi aussi, le les craignais, mais s'ils sont contraignants, il nous récompense par une jolie silhouette. Et quant je vois Madame Florence et sa silhouette époustouflante, je l'envie, et en même temps, je crains de porter un corset aussi serré.

J'essayais également de la rassurer un peu.

- Je suis sur que tu finiras par les aimer. Avec ta silhouette, il serait dommage de ne pas te serrer la taille. Le corset te donnera une allure fantastique. Je te présenterais à Delphine, la corsetière, elle te conseillera, et te donnera des petits trucs pour supporter plus facilement ton corset. Tu verras, elle aussi a une taille...

Un son de cloche!!!

- Mesdemoiselles! Veuillez regagner vos chambres! Une surveillante va venir vous aider à vous coucher.

- Mesdemoiselles! Rentrez immédiatement dans vos chambres!

Je n'avais pas encore vu la mienne.

- A demain matin, je rejoins ma chambre.

Et je sortis rapidement. Chambre 209, ou est-elle?

J'avançais dans le couloir. Un coin, trois grandes portes, la chambre 210, la salle d'eau et une double porte "Escalier privé". Le couloir continuait à gauche.

Ha! Voila ma chambre. La 209. Je n'étais pas loin de mes nouvelles amies. Ma chambre avait une porte à un seul battant, et était en face d'une double porte nommée "Salle Sylphide".

J'ouvrais la porte de ma chambre et... que c'était petit. Un lit au fond et en face du lit une petite table. Une seule fenêtre et un grand rideau sur ma droite. J'entrais, sans enthousiasme. Une chambre minuscule et triste. En m'avançant vers la fenêtre, j'aperçus une lettre sur la table, avec mon nom écrit dessus. C'était un mot de Florence. Au moment d'ouvrir la lettre, j'aperçus ce que cachait le rideau. Un escalier étroit qui descendait...

Florence m'avait écrit un petit mot ou elle me souhaitait une bonne année d'études et d'entraînements. Elle m'expliquait qu'elle ne voulait pas me privilégier ni me mettre en défaut par rapport à mes collègues. La chambre qu'elle m'avait assignée, communiquait avec mes appartements au Premier. Je ne devais pas en parler aux autres écolières et ne faire entrer personne dans ma chambre. Pour le reste, je devais suivre les mêmes cours et entraînements que les autres, le même règlement, et ceci sans aucun autre privilège.

Je poussais le rideau, et descendis dans cet étroit escalier plutôt sombre. En bas deux porte, seul celle de droite était ouverte, et... j'entrais dans ma chambre, mon grand lit et... Ninon qui m'attendait pour ma toilette du soir, et... mon corset de nuit.

 

 

 

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